Les signes, un langage parlant

Dans le cadre des 1000 lectures d’hiver, la Hotte aux livres de Noizay a proposé dimanche dernier « Les Mots qu’on ne dit pas », de Véronique Poulain, lu par la comédienne Céline Larrigaldie.

La comédienne Céline Larrigaldie donne de la voix pour qu’on entende bien.

Évoquer son enfance avec des parents sourds et muets de naissance n’est pas chose facile. C’est pourtant dans un langage où les mots résonnent que Véronique Poulain raconte avec humour, drôlerie et poésie, mais jamais de manière larmoyante, son histoire de petite fille entendante. Elle a grandi avec deux langues, la française et celle des signes. Mais pour une enfant qui a besoin de communiquer, les sentiments essentiels exprimés par des mots sont absents, bien que le langage du corps soit très complet chez les sourds.
Par contre, elle subit les bruits épouvantablement violents de ses parents lorsqu’ils se lèvent, claquent les portes, les bols du petit-déjeuner, les tiroirs, les casseroles, tous parfaitement insupportables pour une petite entendante qui veut dormir. Le summum est atteint au moment des repas.« C’est le bruit de la soupe qu’on déglutit, qui a eu raison de moi », dit-elle en adoptant les boules Quiès.
On est amusé par les anecdotes cocasses, comme la rencontre d’un professeur avec ses parents, où elle devient le parent de ses parents, ou bien celle où, avec une certaine effronterie, elle clame devant ses copains en rentrant dans sa maison : « Salut, bandes d’enfoirés ! » pour leur prouver que ses parents sont de vrais sourds.
Un beau livre, au texte émouvant qui incite à la tolérance envers ceux qui sont, dit-on, différents.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 12 Février 2015 à Noizay

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