À Rouen, la société Liesse au service des sourds et malentendants tisse un lien entre deux mondes

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Débats, conférences, ateliers et animations ont ponctué cette journée

Handicap. La langue des signes française et ses interprètes en vedette d’une journée d’échange avec des sourds et malentendants.

À l’heure où la notion de « vivre ensemble » n’a jamais été autant évoquée, la Société coopérative et participative « Lien inter-échanges entendant-sourd, sourd-entendant » (Liesse) a célébré ses dix ans au théâtre de La Foudre du Petit-Quevilly.

Réunissant interprètes de la Langue des signes française (LSF), acteurs du monde de l’entreprise, de la culture et personnes en situation de surdité ou de mutisme, cette journée de débats, d’échanges et d’animations a permis à une large assistance de faire un tour d’horizon de l’évolution de la prise en charge et de l’étendue des services proposés aux sourds et malentendants.

De l’association à la Scop

Dans le paysage d’insertion de cette population dite en « situation de handicap », la petite société normande joue un rôle prépondérant. « Au départ, en 2005, Liesse a été lancée sous un statut associatif. En 2011, nous avons décidé d’évoluer en Scop, statut correspondant plus à notre philosophie d’échanges solidaires et qui permet de mettre tout le monde sur un pied d’égalité, dans un bon esprit d’équipe, souligne Emilie Osouf, l’une des deux cogérantes. Désormais, ce sont sept personnes dont cinq interprètes qui œuvrent pour faciliter le quotidien des personnes sourdes. » Cette activité d’interprétariat s’est développée notamment avec la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances et des droits des personnes handicapées et la création de la Prestation de compensation du handicap (PCH) qui a généralisé le principe d’accessibilité.

« La problématique de la surdité se rencontre, à notre époque, dans la difficulté à se rendre chez le médecin par exemple, ajoute Emile Osouf, à faire une course, écouter une conférence ou assister à un rendez-vous. Avec la PCH, les personnes sourdes peuvent directement s’attacher les services d’un interprète. Les entreprises qui emploient des personnes sourdes nous sollicitent pour des réunions, des formations, des prises de poste. S’agissant de la fonction publique, la demande d’un interprète peut dorénavant être financée sur des fonds Agefiph ou Fiphfp [pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, NDLR] ». On pourra retenir de cette journée que cette petite société poursuit son travail de liaison entre deux mondes. Celui des sourds et celui des entendants, en s’efforçant de mettre en avant la Langue des signes française, aujourd’hui reconnue comme une langue à part entière.

Source : http://www.paris-normandie.fr © 8 Février 2015

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