Signes de sens, du particulier à l’universel, du handicap à la légèreté

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Partir des besoins de publics atypiques ou de moments conflictuels, et construire des outils de partage et de culture applicables à tous, tel est le credo de l’association lilloise, deux fois primée en 2014. Aujourd’hui, elle accompagne aussi les structures culturelles soumises à la loi sur l’accessibilité.

Souhaiter à Signes de sens une année 2015 meilleure que la précédente ? Ce sera peut-être difficile. L’association lilloise, qui l’avait bien commencée, a fini 2014 en obtenant l’Étoile du design de l’Observeur du design pour son application Muséo+.

Créée par Simon Houriez en 2003, Signes de sens s’est d’abord intéressée au seul public sourd, favorisant son accès à la lecture et au spectacle vivant. Elle s’est diversifiée en proposant, dans les médiathèques, des ateliers associant des sourds et des entendants, selon un principe d’universalité qui lui est cher.

Premier coup d’éclat il y a six ans avec Elix, dictionnaire en langue des sourds, projet collaboratif sans cesse enrichi depuis. Il suffit d’aller sur le site www.elix-lsf.fr (20 000 vidéos, 4 000 visites par jour) ou sur l’application pour smartphone pour mesurer sa simplicité d’utilisation.

Parallèlement, Signes de sens investit les musées. Un atelier en langue des signes mené au Louvre mène ensuite les Lillois au musée du Quai Branly pour la création d’un visioguide. En 2010 naît le premier prototype de Muséo. «  La notion de mixité sourds-entendants a toujours été notre cœur de cible, indiquent Simon Houriez, qui conçoit les dipositifs, et sa sœur Julie, chargée de développement et de production. Il faut que nos objets soient compréhensibles et agréables pour les deux publics.  » Mais pour la première fois, le grand public est atteint. Ce sera encore plus vrai avec Muséo+ (lire ci-dessous), développé pour le musée de Lille.

Sur le handicap, un discours qui tranche

Quel que soit le projet développé, Signes de sens adopte une approche qui tranche avec le discours convenu : «  Nous voyons la personne handicapée comme une richesse, une source d’innovation.  » L’autre credo est la créativité collective. L’aspect technologique, en revanche, n’est pas le moteur : «  On faisait des choses avant l’avènement des outils numériques. Mais c’est super en termes de distribution, de diffusion. Cela permet de créer une communauté autour des produits.  »

Groupant aujourd’hui neuf personnes, Signes de sens n’a aucune intention de devenir autre chose qu’une association. «  Le but est que l’argent serve au déploiement.  » Ce qui ne l’empêche pas de faire appel à des partenaires pour financer ses projets.

Sans course à l’échalote : plutôt que de dupliquer à l’infini ses bonnes idées, Signes de sens s’investit dans la formation, dispensée aux structures culturelles. Face à une loi imposant une meilleure accessibilité vécue comme contraignante, Signes de sens apporte son expertise et surtout «  redonne de la légèreté  ».

Source : http://www.nordeclair.fr © 23 Janvier 2015

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