La main des sourds

Une incursion dans la surdité avec Tribus

THÉÂTRE. La compagnie de théâtre LAB87, cofondé par le Repentignois David Laurin, en collaboration un ami du Collège Lionel-Groulx et deux autres du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, investit La Grande Licorne à Montréal du 11 au 29 novembre pour y présenter Tribus de l’auteure anglaise Nina Raine.

Depuis sa création au Royal Court Theatre de Londres en 2010, Tribus a rapidement fait le tour du monde pour y collectionner prix et distinctions.  Cette pièce qui parle de l’isolement d’un jeune homme sourd, Billy, interprété par David Laurin est une pièce qui va bien au-delà de la langue des signes. Tribus, se veut le miroir d’une famille avec ses propres règles établies, ses travers et ses habitudes.

Une incursion dans le monde de la surdité

David Laurin est un homme au mille talent, après avoir fait de nombreux rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre, le spécialiste du doublage a décidé de relever le défi et d’apprendre le langage des signes pour cette pièce qui prouve que les silences résonnent souvent bien plus que les mots.

« Billy, un jeune homme sourd de naissance dont les parents débattent constamment et qui ont pris le pari d’élever leur fils comme s’il entendait, en se disant qu’il apprendrait à lire sur les lèvres, ce qui est utopique. Ils ne lui ont jamais permis d’apprendre la langue des signes, de peur qu’il s’isole au sein de la communauté sourde. Certes, Billy est capable de lire sur les lèvres mais quand il est assis à table avec toute sa famille qui se chamaille, il ne peut plus suivre et développe un monde intérieur très fort », explique celui dont la passion pour théâtre est née alors qu’il étudiait au côté de Gilles Gélinas au Collège de l’Assomption.

L’existence de Billy sera bouleversée suite à sa rencontre avec Sylvia, une malentendante en voie de devenir sourde qui éveillera en lui un désir d’expression par la langue des signes. Cet épanouissement soudain déstabilisera la cellule familiale et exacerbera des travers peu reluisants de sa personnalité.

Du théâtre à l’approche cinématographique

La compagnie dont David Laurin est aussi le directeur artistique, est née d’un désir d’offrir des productions sur la scène théâtrale en utilisant la dramaturgie anglo-saxonne. Avec leurs productions, l’équipe souhaite produire et de diffuser un théâtre contemporain inédit et accessible.

« Il est important pour LAB87 d’innover et nous le faisons en détachant des grands classiques et choisissant des pièces contemporaines qui n’ont jamais été présentées sur scène et qui ont été écrites dans les deux ou trois dernières années. Nous choisissons des pièces d’actualité dont les textes sont percutants. La première année, nous avons lu plus d’une centaine d’œuvres et cibler quelques auteurs pour choisir la pièce que nous allions monter », mentionne celui qui a aussi longtemps fait office de traducteur avant de former une relève et de passer le flambeau.

«Nous voulons que les spectateurs aient plus l’impression de regarder un film liveque d’être au théâtre. Nous voulons ramener les gens au théâtre en leur offrant quelque chose de différent et de direct inspiré principalement du théâtre américain.»

Soulignons que les deux plus récentes productions de LAB87, L’obsession de la beauté et Les Flâneurs célestes, seront reprises la saison prochaine.

Tribus n’ayant reçu aucune subvention gouvernementale, une soirée de financement incluant la pièce, coquetel et pause-café avec les acteurs se tiendra le mardi 25 novembre, pour vous procurer des billets consultez tribus.eventbrite.com ou www.lab87.org

Source ttp://www.hebdorivenord.com © 18 Novembre 2014

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