Placée sous le signe du vin

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Anaïs Grossoleil signant le mot « vin ». Elle compte adapter bien d’autres termes viticoles qui n’existent pas encore dans le langage des signes.

Anaïs Grossoleil veut développer un nouveau concept en mettant en relation les sourds et les châteaux viticoles, pour des visites guidées adaptées à leur handicap.

Les parents d’Anaïs Grossoleil sont sourds. Rien à voir avec « La Famille Bélier », même si la jeune saint-médardaise s’est parfaitement reconnue dans le film actuellement à l’affiche. En revanche, sa passion n’est pas de chanter du Sardou, mais d’enchanter les papilles grâce au vin. Depuis sa plus tendre enfance, Anaïs maîtrise la langue des signes sur le bout des doigts, l’ayant apprise avant même de savoir parler français. Aujourd’hui âgée de 22 ans, elle compte sur cet atout pour développer une activité originale, en rapport avec son diplôme nouvellement en poche, une licence pro Droit et commerce des vins et spiritueux, décrochée à Angoulême après un DUT Tech de Co à Bordeaux. « Mon objectif est de mettre en relation des châteaux viticoles avec les sourds. Le monde du vin est peu ouvert à ce handicap, constate-t-elle. »

Anaïs a développé tout un concept autour de son projet. De la prise de contact à la visite guidée en langage des signes en passant par les rendez-vous téléphoniques. « Je pourrais également aider les châteaux à obtenir le label d’accessibilité aux sourds. L’objectif n’est sûrement pas de se faire de l’argent sur le dos d’un handicap, mais de permettre une plus grande ouverture. » Une initiative qui n’est déjà pas passée inaperçue puisque grâce à son idée, elle a décroché une bourse de la part de la maison Hennessy. « Je vais commencer par la région bordelaise, mais j’aimerais également étendre à la Charente et au cognac. »

Auto-entrepreneur

« En janvier, je vais m’installer comme auto-entrepreneur afin de pouvoir démarrer mon activité », souligne Anaïs. Elle a déjà effectué son étude de marché, rédigé son business plan et envoyé des questionnaires aux clients potentiels. « Cela n’a pas été facile de faire des prévisions car il n’existe pas de concurrence pour ce que je veux faire. »

Dans un second temps, Anaïs se proposera d’élargir son activité à d’autres handicaps, comme les mal-voyants ou les handicapés moteurs. « Le monde du handicap est un monde fermé, mais si on va vers eux, ils vont vers nous », constate Anaïs. « Ce que j’aime dans un vin, c’est son degré de liberté, on peut l’apprécier ou ne pas l’aimer suivant ses propres goûts, mais on en parle toujours avec conviction. » D’ailleurs, Anaïs souhaite également travailler autour du langage des signes car, pour l’heure, il n’existe pas vraiment d’adaptation pour désigner les termes viticoles ni les expressions fleuries qui entourent les dégustations.

Même si elle croit fermement au succès de son concept, Anaïs Grossoleil recherche en parallèle du travail dans le commerce des vins et spiritueux.

anais_grossoleil@hotmail.com

1 COMMENT

  1. Mimi Anais, bonne chance, mais on ne l’a jamais vue au « foyer des Sourds », peut-être commencer par là, car le « monde fermé » dont elle parle est en fait ouvert à tous ceux qui se donnent la peine de franchir la porte.

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