Le film «La Famille Bélier» donne une fausse image des sourds

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Les personnes qui apprennent la langue des signes, avec l’association Trèfle, vous souhaitent un joyeux Noël !

« La Famille Bélier », c’est sans aucun doute le phénomène cinématographique de la semaine. Il s’agit d’une comédie qui raconte la vie de fermiers sourds, mais aussi celle de leur fille aînée qui sera confrontée à un dilemme. Le film permet d’évoquer la langue des signes, la surdité…

Arras. Pour Carmen Flament, sourde, qui est responsable d’équipe et formatrice à l’association Trèfle – qui promeut la langue des signes –, La Famille Bélier ne reflète pas son quotidien. « J’ai vu le mois dernier lors du Arras Film Festival. Il est humoristique. Pour le public, c’est bien. En revanche, il y a des détails de la vie des personnes sourdes qui sont montrés et qui sont faux, s’insurge-t-elle. C’est un film de fiction, mais cela fait peur de se dire que les spectateurs vont avoir cette image des sourds. »

À l’heure où le public s’enthousiasme pour cette comédie, Carmen regrette qu’il ne montre pas la présence d’interprètes alors qu’ils font partie intégrante de la vie des sourds.

Une scène dans le film la dérange, celle chez le gynécologue. Les parents parlent de sexe, de leurs problèmes de couple et c’est leur fille qui traduit. « C’est comme si j’emmenais mes filles (qui ne sont pas sourdes) chez le gynécologue pour traduire des problèmes féminins. Je ne ferais jamais cela ! Des interprètes sont là pour nous, que ce soit pour aller chez le médecin ou chez le notaire. C’est plus confortable », insiste-t-elle.

Promouvoir

la langue des signes

Ce que Carmen regrette aussi, c’est que le choix des acteurs se soit porté sur des personnes qui entendent et non sur des comédiens sourds. « Même s’il ne reflète pas la vie des malentendants, le film permet de mettre à l’honneur la langue des signes », tempère Marie Vanmackelberg, médiatrice à l’association Trèfle.

Il y a encore beaucoup d’obstacles dans la vie quotidienne des sourds, ne serait-ce que pour le cinéma. « Les films en langue française ne sont pas sous-titrés, regrette Carmen. Nous essayons de travailler avec le cinéma d’Arras pour remédier à cela. »

Même constat au niveau des émissions diffusées à la télévision. Les sourds doivent regarder le programme auparavant pour savoir s’il y a un sous-titrage ou non. Et quand il y en a un, ils constatent souvent des décalages par rapport à ce que la personne dit. Des progrès pour améliorer tout cela, ils sont nombreux à en rêver…

Association Trèfle, cours et ateliers, renseignements, tél. : 03 21 48 86 20 ou contactlsf@trefle.org

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