Un stage d’initiation à la langue des signes

Découverte. L’école de musique Neptune accueille un stage d’initiation à la langue des signes les 20 et 21 décembre. Une très belle occasion de s’ouvrir sur l’autre et d’apprendre sur soi… Découverte. Quid de la prise en charge des enfants malentendants à Dieppe ? Le Sessad Beethoven est là pour eux.

Laurence Dudek et Imad Tabtoub vont animer un stage d’initiation à la langue des signes à Dieppe

Organiser un week-end d’initiation à la langue des signes dans une école de musique… L’idée peut paraître saugrenue à première vue. « Au contraire, c’est intéressant de le faire dans un tel lieu. D’élargir la musique au gestuel. Les deux ne sont pas incompatibles », coupe net Laurence Dudek, qui sera l’interprète d’Imad Tabtoub, l’animateur du stage prévu à l’école Neptune les 20 et 21 décembre prochains, à Dieppe. Un week-end de découverte proposé aux entendants parce que la demande est là et que les besoins sont présents. « Il existe peu de professeurs bilingues. Il n’existe pas clairement de dispositif d’éducation en langue des signes pour les enfants sourds. La pression est réelle pour leur apprendre à parler, notamment avec l’implant », traduit Laurence en lisant les gestes d’Imad pendant l’interview.

« PAS UN HANDICAP MAIS UNE CULTURE »

S’il y a un message qu’Imad veut faire passer, c’est celui-là : « Un Sourd n’est pas dans le handicap, il est dans une autre culture. » Et sa culture n’est pas celle de la parole. « Quand un enfant sourd a uniquement été éduqué dans l’oralité et quand, enfin, il apprend la langue des signes, c’est pour lui comme une respiration », assure l’enseignant et directeur du Centre social solidaire de développement et de culture des sourds, à Tanger, au Maroc.

Laurence Dudek est Dieppoise d’origine (elle est la sœur de Romain Dudek, le fondateur de l’école Neptune) et elle vit à Tanger, où elle assiste régulièrement Imad Tabtoub pour des traductions. « La communauté sourde revendique sa possession et son appartenance à la langue des signes », éclaire-t-elle. Et pourtant, dans la société, « ils ne peuvent pas revendiquer grand-chose. 90 à 95 % des enfants sourds ont des parents entendants. Donc, ils n’ont pas vraiment voix au chapitre », estime de nouveau Laurence, qui baigne dans la culture sourde depuis longtemps et qui s’est rapidement sentie « comme un poisson dans l’eau » en apprenant la langue des signes. « Chacun a plus ou moins d’aptitudes. »

Le week-end d’initiation qui est proposé en décembre à Dieppe adoptera une forme très ludique. « Il sera interdit de parler et d’écrire, reprend Imad. Il s’agira de trouver un moyen de communication par le geste. Il faut se dire qu’un jour, on en aura peut-être besoin, que c’est utile, que cela peut-être très bénéfique pour les timides, ceux qui ont un problème avec la parole ou qui ont du mal à s’exprimer. »

Apprendre quelques rudiments de cette langue est aussi une façon de s’ouvrir à l’autre, découvrir une culture et « sortir de ce qui peut paraître comme une inquiétante étrangeté ».

Source : http://www.paris-normandie.fr © 20 Novembre 2014 à Dieppe

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