Des cours de golf pour les sourds

Les apprentis golfeurs ont été encadrés par Jérôme Jarno (à droite) qui parle la langue des signes.

Les sports accessibles aux personnes malentendantes sont rares. À Saint-Urbain, Jérôme Jarno a décidé de faire bouger les choses. En France, c’est un des seuls professeurs de golf qui connaît la langue des signes.

Des cours de sport pour personnes sourdes, on pourrait penser, a priori, que la pratique est courante en France et pourtant, cela ne va pas de soi. Jérôme Jarno, professeur au golf de Brest Iroise, à Saint-Urbain, a décidé de mettre le golf à la portée des personnes sourdes et malentendantes qui, jusqu’alors, n’y avaient pas forcément accès : « Je pense être un des seuls profs de golf signant », souligne-t-il. Pour se faire comprendre, pas besoin d’interprète. Jérôme a décidé d’apprendre lui-même la langue des signes. Depuis décembre, à raison d’une trentaine d’heures par semaine, ce sportif prend des cours à Brest.

« Des facultés d’adaptation plus importantes »

Et déjà, il parvient à communiquer aisément avec ses élèves. Quatre sourds d’une trentaine d’années sont venus, hier, pour une initiation. Au programme, une journée de cours comme les autres, si ce n’est que la parole passe par les gestes. Après avoir fait un jeu sur le putting, les apprentis golfeurs se sont essayés au practice, avant d’aller affronter le parcours de six trous. Au bout d’une heure, les élèves s’en sortent bien : « Les personnes sourdes ont des facultés d’adaptation plus importantes. Elles ont, en plus, la vision plus développée », remarque Jérôme Jarno.

Une tablette tactile pour les mots compliqués

Par ailleurs, les malentendants sont plus à l’aise avec leur corps : « Dans la langue des signes, on apprend beaucoup à bouger son corps », ajoute le professeur, un atout certain pour le golf. Lorsqu’il doit traduire un mot complexe, Jérôme a son truc à lui : « J’ai téléchargé une ardoise sur ma tablette tactile. Je peux donc écrire dessus et leur montrer ». Par exemple, le terme technique « par » (score idéal), difficilement transposable en langue des signes, il le note sur son écran. Sinon, il épelle le mot qu’il souhaite exprimer : « J’utilise de la dactylologie ».

Et pourquoi pas du parapente ?

Les quatre jeunes golfeurs sont tous membres de l’Association sportive des sourds de Brest (ASSB). Pour le président, Frédérique Simon, avoir un prof signant est une très bonne chose, cela permet d’accéder à de nouvelles activités. Après cette journée sportive, tous sont repartis enchantés : « Nous sommes motivés, nous voulons progresser. Par contre, à la fin du sixième trou, nous étions épuisés par la force de frappe », explique Frédérique Simon. Le président de l’association espère réitérer l’expérience. « Je pense qu’après il y aura plus de demandes de cours de golf pour sourds et malentendants », ajoute-t-il. En attendant, l’association qui organise ce type de rencontres sportives tout au long de l’année aimerait organiser des initiations à la plongée, à la voile ou pourquoi pas, au parapente ?

Source : http://www.letelegramme.fr © 18 Aout 2014

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