La main des sourds

Marie Heurtin est sortie de l’ombre

Ariana Rivoire et le réalisateur Jean-Pierre Améris ont échangé avec le public, mardi, au Tap Castille.

Mardi, les deux projections de Marie Heurtin au Tap Castille se sont achevées par des mains agitées, des cris de satisfaction, des applaudissements. Des spectateurs sourds ont voulu être photographiés avec l’actrice, Ariana Rivoire qui joue le rôle de l’adolescente sourde et aveugle. Elle était accompagnée du réalisateur Jean-Pierre Améris pour s’entretenir du film qui sort de l’ombre Marie Heurtin et sœur Marguerite.

“ Il est incroyable que cette histoire ait été oubliée ”

La religieuse, à force de patience et d’amour, l’a ouverte à la vie grâce à la langue des signes, l’écriture, la lecture. Une histoire vraie qui a eu pour cadre à la fin du XIXe siècle l’institution de Larnay (à Biard). Et qui n’a rien à envier à celle de la jeune Américaine Helen Keller qui, à la même époque, apprit à communiquer avec une éducatrice tout aussi engagée que la religieuse poitevine.
« J’ai découvert cette histoire il y a une dizaine d’années. Elle m’a fascinée. J’ai trouvé incroyable qu’elle ait été complètement oubliée. On me dit que les Poitevins ne la connaissent pas », confie le réalisateur au public, ses propos étant traduits en langues des signes.
Il a rencontré des jeunes sourds et sourds aveugles au Sesaad (*) : « Les enfants et les adolescents m’ont appris à ressentir ce qu’est un arbre… ». Il admet que son projet de film n’avait pas suscité l’enthousiasme. « J’aime mettre au centre de l’écran des gens que l’on met de côté. Je veux que les barrières tombent. Il y a beaucoup à apprendre d’eux », souligne-t-il.
Ariana Rivoire signe avec fougue : « Ce film est important car il montre l’aspect humain du monde des sourds aveugles. “ Marie Heurtin ” peut être un déclencheur dans notre société. » La jeune femme, actuellement en terminale à Paris, s’engagerait dans une nouvelle aventure cinématographique à condition que son contenu éveille les consciences. Militante de la langue des signes « à travers laquelle s’exprime l’identité des sourds », elle fustige les implants cochléaires, « une réparation mécanique nécessitant beaucoup de rééducation pour un résultat moyen ». Elle enjoint les parents à s’informer, à ne pas se résigner comme ne s’est pas résigné le père de Marie Heurtin en refusant de l’enfermer dans un asile.

Sortie nationale de “ Marie Heurtin ” mercredi 12 novembre.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 15 Octobre 2014 à Poitiers

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