La main des sourds

Semaine de la surdité: une vie bien remplie même s’ils sont sourds

Mini-formation à Bagatelle hier, samedi 27 septembre, pour les membres du public qui voulaient apprendre le langage des signes mauricien.

Comment des sourds pourront-ils gérer la relation avec le client dans un magasin ? Comment arriveront-ils à se faire comprendre ? Les clients seront-ils satisfaits ? Ce sont-là autant de questions qui font que plusieurs employeurs n’osent même pas penser au recrutement de sourds dans leur équipe. Pourtant, ils sont plusieurs à pouvoir se débrouiller si l’on acceptait simplement de leur donner une chance. Raison pour laquelle durant toute cette semaine de la surdité qui a pris fin ce dimanche 28 septembre, la Society for the Welfare of the Deaf (SWD) n’a eu de cesse de sensibiliser le public à l’univers des sourds.

A Bagatelle, par exemple, le public a pu découvrir et apprendre la langue des signes mauricienne lors d’une journée d’activités, le samedi 27 septembre. Des ateliers de couture, de coiffure et de cuisine animés par les enseignants et les élèves de la SWD étaient également au programme.

Les membres du public apprenant la langue des signes au cours d’une journée d’activités, à Bagatelle, hier, samedi 27 septembre.

Pour encourager les employeurs à recruter des personnes ayant un handicap dont les sourds et mal- entendants, l’Etat a, de son côté, lancé un National Disability Excellence Award à l’ intention des sourds et des employeurs. Le but : récompenser ces employés qui ont excellé dans leur travail malgré leur handicap, mais aussi les employeurs qui ont développé des stratégies de recrutement adaptées pour les handicapés.

Et s’il est un fait qui est ressorti pendant toute cette semaine de la surdité, c’est que l’employabilité des sourds, c’est bien possible. «Les sourds et malentendants peuvent contribuer à l’économie de leur pays, au même titre que les bien-entendants. Nous avons chacun un rôle important à jouer dans l’intégration des sourds dans la société et cela commence par le simple fait de prendre conscience que c’est à nous de nous adapter à eux», confie Junaid Muslun, Managing Director de KFC. Et pour cause, des 500 employés au sein de bientôt 21 branches, la compagnie emploie actuellement dix sourds qui, aujourd’hui, peuvent travailler à tous les postes de travail : préparation, nettoyage, caisse et assemblage de produits.

Les employés sourds de KFC servant un client venu passer sa commande.

Parmi ces dix employés, se trouvent Muamar et Kushal, employés à la branche de KFC Ebène depuis deux ans. «Nous étions tous deux des élèves au Society for the Welfare of the Deaf et avions participé à une présélection pour être embauchés par KFC. Nous avions été convoqués pour plusieurs interviews durant lesquelles une interprète traduisait ce que nous disions. Puis nous avons été embauchés. »

Comme tout nouveau boulot, l’adaptation n’a pas été aisée pour Muamar et Kushal. «Il fallait travailler vite et bien à toutes les stations. Mais au bout d’un certain temps, nous nous sommes habitués au rythme de travail et aujourd’hui tout se passe bien. Quant aux collègues, c’était un peu difficile pour eux au début de communiquer avec nous mais ils se sont vite habitués. Désormais nous espérons tout simplement continuer à bien faire notre boulot.»

Les employés bien-entendants avaient toutefois une certaine appréhension au départ. «Au final, nous pouvons dire aujourd’hui que c’est une réussite. Les employés sourds, tout comme le reste du personnel ont montré un formidable esprit d’équipe et aujourd’hui, la langue des signes est devenue la deuxième langue des équipes d’Ebène et de Flacq !» ajoute, ravi, Junaid Muslun.

L’intégration d’employés sourds dans les deux branches de KFC a toutefois requis un certain réaménagement au niveau des équipements. Il a fallu, par exemple, repenser le mode de fonctionnement à Ebène et à Flacq. «Nous avons installé deux gyrophares : l’un à la caisse pour passer la commande des produits à ceux qui les préparent ; l’autre à côté des appareils de cuisson, ce qui permet d’attirer l’attention des employés sourds qui n’entendent pas l’alarme. Nous avons aussi installé un menu board sur le comptoir pour faciliter la communication entre le client et le caissier sourd, permettant aux clients de montrer leur commande plus facilement», confie Raymond Houbert, Operations Manager chez KFC.

Source : http://www.lexpress.mu © 24 Septembre 2014

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