Le portail d'information sur les sourds et langue des signes
<> <>
Hauts de Seine Habitat

Une première visite guidée en langue des signes a eu lieu cette semaine dans la vieille ville

La langue des signes obéit à des codes différents : un message qui demanderait beaucoup de mots parlés doit pouvoir se transmettre en quelques signes. Ici, l’explosion de 1981 n’a pas été compliquée à décrire pour Inez Van Noort?
Formée pendant deux ans, la guide Inez Van Noort a donné sa première visite guidée en langue des signes à des enfants malentendants, mardi, pour la semaine du handicap.

Mardi, c’était le grand jour pour Inez Van Noort, l’une des deux guides conférencières formées à la langue des signes. Dans le cadre de la semaine du handicap, la ville de Joigny et l’office de tourisme organisaient, pour les élèves de l’IES d’Auxerre (Institut d’éducation sensorielle, qui dépend des PEP 89), une visite guidée. La première destinée à un public de sourds ou malentendants.

Un vrai échange
s’est créé
avec les élèves
Des quais jusqu’à la place Jean-de-Joigny puis, plus loin, à la découverte de l’église Saint-Jean, les enfants – des tout-petits jusqu’aux adolescents – sont restés suspendus non pas aux lèvres, mais bien aux mains, aux bras et à tout le visage de la guide conférencière qui, ainsi, leur a raconté l’architecture, l’histoire de la ville, en s’adaptant à la particularité de la langue des signes. L’emploi de la périphrase, l’art d’aller à l’essentiel, la faculté de transmettre des émotions dans l’expression d’un visage sont des éléments clefs de sa compréhension.

Des enseignants et des éducateurs ont apporté leur appui et ils n’étaient pas de trop : les élèves se sont montrés très curieux et très enthousiastes, à tel point qu’un vrai échange s’est installé pendant toute la durée de la visite. « Le récit de l’explosion de 1981 les a particulièrement intéressés », expliquaient l’institutrice Fabienne Masson et l’éducatrice Martine Jolly. L’institut organisait cette visite de Joigny pour la première fois.

Les initiatives de ce genre ne sont pas encore légion dans le département. « Habituellement, quand nous faisons des sorties, c’est nous qui faisons les commentaires, mais ce n’est pas simple, car on ne connaît pas tout », explique l’équipe pédagogique.

Quant à la guide de l’office de tourisme… « Elle a oublié quelques mots mais elle s’en est bien sortie ! D’autant qu’un public d’enfants demande quelques adaptations », sourit Marie-Hélène Bayet, professeur de langue des signes à l’IES, mais également formatrice des guides conférenciers. Quelques adaptations, comme par exemple la durée de la visite : celle-ci a dû se faire sur un circuit plus court, car le commentaire en langue des signes demande davantage de temps, même si elle est plus économe en signes que la langue parlée l’est en mots.

Des particularités que les guides telles qu’Inez Van Noort ont dû assimiler pendant leur formation. Pendant deux ans, à raison d’une journée par semaine, elles se sont familiarisées avec cette langue, qui n’est valable que pour les visiteurs français. Ses codes diffèrent en effet d’un pays à l’autre. Mais le jeu en vaut tout de même la chandelle pour l’équipe de l’office de tourisme, qui travaille pour décrocher le label Tourisme et handicap.

Source : http://www.lyonne.fr © 9 Octobre 2014 à Joigny

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.