The Tribe, la critique de Studio Ciné Live

Dur et étouffant, ce film muet va faire du bruit. 

Pas de musique. Pas de dialogues parlés. Et pas de sous-titres pour expliquer les discussions entre les protagonistes, des sourds-muets s’exprimant en langue des signes. De toute évidence, The Tribe relève de l’expérience pure et dure. Sans concession. Mais ô combien stimulante. Constat immédiat: le procédé ne nuit pas à la compréhension de l’intrigue.

Ici, comme au temps du muet, auquel se réfère ouvertement Myroslav Slaboshpytskiy, la gestuelle des personnages en dit plus que les mots. Le mouvement des corps et la puissance des images importent avant tout -même si le cinéaste utilise aussi habilement les sons- bruissement de jambes, claquement de portes -, des bruits exacerbés ou étouffés selon les situations.

Loin de flirter avec l’exercice de style, cette radicalité formelle accentue au contraire la terrifiante noirceur du récit. C’est une inexorable descente aux enfers qu’entame Sergey en débarquant dans une école spécialisée. Il subit les rites d’un gang de dealers et de proxénètes, dont il finira par se venger.

Le réal -hyperdoué- chorégraphie avec une infinie précision chacune des scènes. Dans un jusqu’au-boutisme proche d’Haneke, il étire à l’extrême ses plans séquences : un rassemblement dans une cour, l’étreinte de deux corps nus ou autres moments bien plus hardcore. Un film dont le mélange de sauvagerie et de sophistication laisse muet d’admiration.

Source : http://www.lexpress.fr © 30 Septembre 2014

 

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