Zone de police de Châtelet: Patricia fait ses auditions en langue des signes

L’inspectrice principale Patricia Charlier, attachée à la zone de police Aiseau-Presles, Châtelet et Farciennes possède un atout qu’elle met au service de la police : elle est « policier-signant ». Patricia connaît la langue des signes. Un savoir qu’elle met au service des sourds et malentendants de toute la Wallonie.

Une des rares policières à pratiquer la langue des signes.

C’était jeudi soir, vers 19h15 : la voiture d’un habitant de la rue des Radis, à Châtelineau, venait d’être percutée par un véhicule qui a pris la fuite. Problème : le plaignant est muet.

Mais, à Châtelet, un policier, Patricia Charlier, pratique heureusement le langage des signes. Toute personne sourde ou malentendante qui a un renseignement à demander peut contacter cette inspectrice peu ordinaire par E-mail, téléphone, fax ou GSM.

«  Si c’est loin, je vais jusque-là où je rencontre la personne dans un bureau de police à proximité. De nombreuses personnes sourdes ou malentendantes souffrent d’un problème de communication », explique l’inspectrice.

Mais comment est venue cette vocation ? Elle est venue parce qu’une petite voisine souffrait de surdité suite à un accident. «  Nous avons commencé par communiquer avec nos signes. Puis, quand elle est allée à l’école, elle a appris le langage officiel et c’est venu comme ça. Un jour, un enfant sourd est venu à la police d’Aiseau-Presles. Il voulait donner sa version des faits. Je lui ai fait signe. Je parlais le même langage des signes que lui. Imaginez son bonheur d’être compris  ».

Petit à petit, encouragée par le chef de zone Eric Paulus, Patricia Charlier a fait ce travail pour la zone de police. «  On a fait beaucoup pour les handicapés dans le domaine de la mobilité, et pour les non-voyants, mais pas grand-chose pour les sourds. Je milite pour qu’il y ait au moins une mini-formation au niveau des zones de police.

Il ne faut pas nécessairement parler la langue des signes, mais qu’il y ait au moins un policier dans chaque zone qui puisse calmer la personne sourde, faire patienter en attendant quelqu’un qui parle cette langue  »

À la base, l’inspectrice principale Patricia Charlier a fait des études de comptabilité, a joué pendant des années au plus haut niveau du basket-ball et travaillé pour la Ville de Namur.

Aujourd’hui, c’est au cœur de la cellule proximité d’Aiseau-Presles qu’elle a trouvé sa voie.

«  Il y a toute une éducation à faire vis-à-vis des sourds.

Nous, nous entendons des tas d’informations sans nous en rendre compte, par la radio dans la voiture par exemple. Mais les sourds ne les entendent pas. Pour capter votre attention, un sourd va vous toucher. Le réflexe sera de reculer. Et ce réflexe, le sourd ne le comprendra pas. C’est ce genre de chose qu’il faut expliquer  ».

À la demande Patricia Charlier se rend volontiers dans les autres zones de police et dans les écoles pour des exposés. Dans la zone de police voisine, la zone Germinalt, deux policiers se sont initiés au langage des sourds.

Source : http://www.lanouvellegazette.be © 21 Juin 2014

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