Une permanence pour les sourds au commissariat

Davantage vulnérables par leur handicap, les sourds et malentendants ont, depuis hier, un accueil dédié, le jeudi à Coëffort, grâce à Sébastien Tricot, interprète en langue des signes.

Sébastien Tricot engage une discussion en langage des signes avec Vanessa, sourde et muette, qui s’est fait voler son portefeuille.

« J’avais lu sur les réseaux sociaux que Vanessa s’était fait voler son portefeuille. Je lui ai dit qu’elle pouvait venir au commissariat jeudi matin, je l’aiderai dans ses démarches. »Sébastien Tricot, 36 ans, est appareillé, malentendant depuis l’âge d’un an.

Hier matin, l’interprète en langue des signes a tenu sa première permanence dédiée aux sourds et malentendants, à l’accueil du commissariat Coëffort. Face à lui, de l’autre côté du guichet, Vanessa, 39 ans, casquette visée sur la tête, sourde depuis sa naissance, s’adresse à lui avec ses mains et ses lèvres. Raconte qu’elle s’est fait voler son portefeuille et tous ses papiers et qu’elle va devoir les refaire. Les démarches à suivre auprès des différentes administrations sont au coeur de leur tête-à-tête étonnant…

Citoyen volontaire, Sébastien Tricot, marié à une sourde et bientôt papa, est conducteur de transport scolaire dans l’entreprise Voyages Mauger« La langue des signes est ma langue maternelle. Cette formation me permet de guider Vanessa et les autres dans leurs démarches et de fournir des réponses précises à leurs questions. »

Papier et crayon, « ce n’est pas l’idéal »

La précision dans les réponses. Un service essentiel à la victime sourde ou malentendante, assure l’agent d’accueil « tout public », assise à côté de Sébastien. « Je ne connais pas la langue des signes, mais je reçois cette population fragile, régulièrement, dit-elle. Ce n’est pas un public comme les autres, il a davantage besoin d’être rassuré. J’utilise le papier blanc et le crayon et on échange par écrit, mais ce n’est pas idéal. Du coup, ces victimes reviennent souvent au commissariat pour les mêmes demandes. » L’arrivée de Sébastien devrait pouvoir éviter cela.

Après deux jours de formation au sein de la Police nationale, pour appréhender le vocabulaire et les rouages, Sébastien Tricot officiera chaque jeudi, de 10 h à 12 h, bénévolement au commissariat. Il prendra les plaintes, pourra jouer les interprètes auprès des policiers et de la victime lorsque les faits seront plus graves, violences, viols. Membre de la Protection civile, l’équipier secouriste est rodé aux contacts avec les victimes. Mettre ses compétences au service de la police le valorise.

L’accueil bientôt réorganisé

Ce nouveau service du commissariat relance la vétusté des locaux d’accueil de Coëffort. Ils sont aussi trop petits et inadaptés à la confidentialité de toutes les victimes qui viennent porter plainte. 150 personnes en moyenne sont accueillies, chaque jour, au guichet.

En attendant un déménagement qui tarde à la caserne Paixhans, sans doute en 2017, une réorganisation du hall d’accueil se fera d’ici la fin de l’année.

Pas de miracle, mais une amélioration attendue. La pause de cloisons permettra de mieux compartimenter la file d’attente et le guichet des plaintes.

Source : http://www.ouest-france.fr © 6 Juin 2014 à Le mans

1 commentaire
  1. laure boussard dit

    rappelons qu’un interprète LSF/Français, est une personne entendante qui a suivi une formation et obtenu un master 2 ” interprète LSF/Français ” !

    laure boussard ( interprète… heu… pour de vrai ! )

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