Toulouse. Actrice, chanteuse…et sourde

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Delphine Saint-Raymond joue Maupassant

Delphine Saint Raymond, comédienne, née sourde de parents sourds, est vive, volubile, tonique, plutôt espiègle et très entreprenante. Elle participe au festival Sign’o qui se déroule jusqu’au 1er juin.

Delphine Saint Raymond n’a peur de rien. Ainsi, elle est l’une des quatre comédiennes (deux parlantes : Corinne Mariotto et Laetitia Bos et deux sourdes : elle-même et Lucie Lataste), qui interprètent «Les amours inutiles», d’après quatre nouvelles de Maupassant, adaptées et mises en scène par Eric Vanelle du théâtre du Grand Rond, et Martin Cros (comédien sourd), dans le cadre du festival Sign’o, qui a lieu à Toulouse jusqu’à dimanche.

Non seulement Delphine «signe» le texte qu’elle a elle-même traduit, mais encore, elle joue en binôme avec une ou une comédienne entendant (e) et interprète sa partition dans des scènes rassemblant les six protagonistes. Delphine ne se prive pas d’ajouter quelques touches d’humour dans son jeu. Elle est heureuse sur scène. Elle a trouvé sa voie. Pourtant, le théâtre, Delphine y est venue par hasard. «Au départ, je voulais être chanteuse, mais tout le monde me disait que ce n’était pas possible. Pourtant, je chant-signe, confie-t-elle. Après avoir fait des études universitaires pour être professeur des écoles, j’ai été secrétaire pendant six ans pour gagner ma vie, tout en réfléchissant à ce que je voulais vraiment faire. Je me suis lancée dans la peinture. Pendant un an j’ai eu mon atelier à MixArt Myrys. Mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas ma voie…

Un beau jour, la femme d’un célèbre metteur en scène (Phéraille du Phun), m’a demandé si des personnes sourdes voulaient faire du théâtre. J’ai dit : «Oui, moi». Mon CV en tant que comédienne était vide. Phéraille ne m’a pas demandé mes références. Il m’a prise et, trois mois après, je faisais ma première expérience théâtrale à Avignon ! Par ailleurs, Delphine a enregistré des commentaires sur visio guide pour les Musées d’Orsay et de l’Orangerie, grâce à la compagnie parisienne Rouge Vivier.

Avec Emmanuelle Laborit
Elle joue aussi dans certains spectacles de l’IVT (International Visual Théâtre), dirigé par Emmanuelle Laborit, enseigne le français à des enfants sourds. Au bout de 10 ans de pratique, elle est devenue une sorte de pont entre la vie artistique toulousaine et les comédiens sourds. «D’ailleurs, si je n’étais plus comédienne, j’aimerais avoir un rôle d’animation à la mairie»…Ne jamais manquer de projets. C’est ce qui fait avancer.

«Les amours inutiles», samedi 31 mai à 15 heures au théâtre des Mazades dans le cadre du festival Sign’O. Billets en pré vente sur le site du festival Sign’O : www.festivalsigno.fr et billetterie sur place

Source : http://www.ladepeche.fr © 31 Mai 2014 à Toulouse

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