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Elle conteste avoir voulu tuer son mari

Trois interprètes en langue des signes traduisent le procès qui s’est ouvert hier. La femme sourde est jugée pour avoir tenté de tuer son mari et mis le feu à un entrepôt. Verdict vendredi à Rennes.

Trois interprètes et deux travailleuses sociales bilingues assistent l’accusée, la victime et les témoins.

« Je ne voulais pas tuer mon mari, seulement le blesser. » Au premier des trois jours d’audience, Sylvie Besnier, 52 ans, a contesté la tentative d’assassinat dont elle est accusée (Ouest-France du 20 mai). Le 15 septembre 2011, elle avait surgi dans l’entrepôt où son mari travaillait comme installateur de cuisine. Elle l’avait frappé sur la tête à coups de marteau, avant de mettre le feu au local où il s’était barricadé, lui occasionnant de très graves brûlures.

Sourde de naissance, n’ayant pas connu son père, abandonnée par sa mère à deux ans, Sylvie Besnier a grandi dans une famille d’accueil. « Je les appelais papa, maman, c’étaient mes vrais parents. » Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans qu’elle apprend la langue des signes. Juste après, Bretagne ateliers l’embauche, elle y restera sept ans. Puis, c’est la rencontre et le mariage, en 1988, avec Yannick, sourd de naissance comme elle, de trois ans son aîné. Quatre garçons naîtront, tous entendants.

Mais le temps va se gâter après une vingtaine d’années de mariage. Sylvie Besnier découvre les échanges sur Internet, verse de l’argent à des correspondants inconnus. Et tombe amoureuse d’un homme qu’elle va retrouver épisodiquement en Tunisie.

Aux internautes, elle ment en affirmant qu’elle est puéricultrice, et surtout veuve, allant jusqu’à falsifier son livret de famille.

« Pourquoi vous êtes-vous inventé cette vie sur Internet ? » questionne Philippe Dary, président de la cour d’assises. « J’étais naïve et stupide à l’époque. J’ai trop regardé la télé, elle a une mauvaise influence sur moi. Et quand je parlais de séparation à Yannick, il ne me répondait pas. »

L’expert psychologue Olivier Coldefy a souligné « un défaut d’expression orale en lien avec la surdité, qui a pu induire des frustrations envahissantes conduisant au passage à l’acte. »Hier matin, l’accusée a demandé pardon à son mari présent. Et là, ses sanglots n’avaient pas besoin d’interprète.

Source : http://www.ouest-france.fr © 22 Mai 2014 à Rennes

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