2 ans pour agressions sexuelles sur des garçons mineurs

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Poitiers. Un quadragénaire a été condamné à 2 ans ferme, hier, par les juges du tribunal correctionnel pour agressions sexuelles et corruption de mineurs.

Deux des trois jeunes garçons qui ont croisé la route de Philippe Messager (45 ans) viennent témoigner à la barre du tribunal correctionnel. Inhabituel pour des mineurs (aujourd’hui âgées de 14, 16 et 17 ans) qui disent « être en souffrance », « être obnubilés par les événements » et « avoir honte » à la suite de faits qui s’étalent entre décembre 2010 et décembre 2012 et entre mai et juin 2013. Aux trois très jeunes garçons, Philippe Messager propose de venir regarder des films pornographiques chez lui, de se mesurer le sexe et impose deux fellations à l’un d’eux. En retour, il demande la même chose aux trois, à des moments différents, mais tous refusent. Il donne 70 € à celui qui a accepté de recevoir la fellation « pour le remercier ». Et distribue régulièrement cadeaux et petites sommes d’argent.

Ébéniste de métier, il évolue au sein de la communauté des sourds. Deux des victimes sont sourdes, la troisième pratique la langue des signes. Lui est sourd de naissance, issue d’une famille d’entendants qui a toujours ignoré « sa différence » l’enfermant dans un monde de silence. Ce n’est qu’à l’âge de 7 ans qu’il intègre une école spécialisée à Orléans. Une nouvelle vie s’ouvre à lui avec enfin une possibilité de communiquer avec le monde extérieur mais c’est aussi le début d’un calvaire. Au sein de cette institution, fréquentée par de nombreux garçons plus âgés, il est violé à l’âge de 12 ans. Et s’ensuivra des agressions sexuelles à répétition.

«  Ça m’a mal construit  »

Philippe Messager, à l’aide d’une interprète, sait que ça n’excusera en rien son attitude et se dit conscient de ce qu’il leur a infligé. « Vous aviez l’impression de faire du mal ? », interroge la présidente. « En étant victime, ça m’a mal construit. J’ai noté des attitudes de malaise comme quand j’étais moi-même enfant et je me suis dit qu’il fallait que j’arrête. » A aucun moment, le prévenu se retranche dans le mensonge ou le déni. « Je regrette et je suis coupable. » Des remords qu’il prononcera sûrement aussi lors de sa convocation devant la cour d’Assises en juin prochain, pour attouchements ou viols sur 14 garçons mineurs. La période de ces faits se situe entre 1993 et 2013 ; faits pour lesquels il a déjà effectué deux ans de détention provisoire (juillet 2007 à juillet 2009) avant d’être placé sous contrôle judiciaire.

«  Pulsions épouvantables  »

Pour un avocat, le traumatisme subi par son client est « une bombe à retardement ». Un autre soulignera : « Il a le respect du bois mais pas celui des enfants. C’est dégueulasse ! » Le procureur rappelle que lors du passage à l’acte, Philippe Messager est sous le coup d’un contrôle judiciaire donc « averti par la justice qu’il doit avoir une conduite irréprochable ». Le conseil du prévenu file la métaphore : « Il est un vase fissuré depuis la naissance » avant d’ajouter « et en proie à des pulsions épouvantables » Avant de se demander comment « il a pu avoir dans ses griffes de jeunes garçons » alors que toute la communauté sourde avait connaissance des antécédents.
Le tribunal le condamne à 2 ans de prison avec maintien en détention (il est en prison depuis août 2013), à inscrire son nom au fichier des délinquants sexuels et à verser 8.000 € au titre de dommages et intérêts répartis entre les trois victimes.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 18 Avril 2014 à Poitiers

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