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Pour Dominique Raffeneau il suffira d’un signe

Dominique Raffeneau à la salle Lawson-Body à Poitiers, mercredi soir. Ce dimanche à 14 h, l’équipe de France des sourds et malentendants affrontera une sélection du Stade Poitevin dans le temple du volley.

Maîtrisant la langue des signes, l’éducateur spécialisé poitevin est également l’entraîneur de l’équipe de France de volley des sourds et malentendants.

Un match vendredi à Vouneuil-sur-Vienne, un autre samedi à Vouillé et un dernier cet après-midi à la salle Lawson-Body à Poitiers.
Est-ce un hasard si l’équipe de France de volley-ball des sourds et malentendants lance sa préparation aux Championnats d’Europe organisés à Paris en juin 2015 dans la Vienne ?

“ Au début, on se battait pour la dernière place. Nos adversaires étaient contents de tomber contre nous ”

Pas vraiment. Son entraîneur est Poitevin. Et Dominique Raffeneau (46 ans) le revendique. « J’ai bossé douze ans auprès des sourds à Amiens. Là-bas, j’ai toujours dit que j’étais un Poitevin qui habite Amiens, pas un Amiénois », sourit l’intéressé aux boucles d’oreille évoquant le chanteur Sanseverino. La Picardie, il la quitte pour rentrer au bercail en 2009.
Cet éducateur spécialisé occupe, depuis, un poste au Service d’accompagnement médico-social pour adulte handicapé (Samsah) de la Mutualité française. « J’aide des personnes en souffrance psychique à s’organiser dans leur vie quotidienne pour qu’elles conservent leur autonomie », indique le père d’Axelle et Charlie.

Un joueur poitevin capitaine des Bleus

Le contact avec les déficients auditifs, il le maintient donc à travers les Bleus, un collectif de douze costauds culminant pour la plupart au-dessus d’1m90. Où Damien Mignot est l’unique représentant du club de Poitiers. « Il ne pensait pas que son handicap lui permettait d’évoluer en équipe de France. Depuis, j’en ai fait mon capitaine. »
En fait, l’aventure des volleyeurs s’était arrêtée aux Jeux Olympiques des sourds à Rome, en 2001, pour des problèmes internes avec une mise en sommeil de la sélection jusqu’en 2007« A Amiens, j’ai rencontré Xavier Benhert qui avait joué à Rome alors qu’il avait 18 ans et il voulait faire revivre l’équiperaconte le coach. Pour lui, j’avais l’avantage d’être compétent sur le plan sportif mais en plus de parler la langue des signes, de connaître la culture sourd. Pas besoin d’interprète pour faire le lien avec les joueurs. »
Dans leurs clubs, les sourds jouent avec des entendants et un appareillage interdit en sélection. Le challenge de Dominique Raffeneau consiste à parvenir à les faire jouer ensemble dans un sport de communication par excellence. « Au début, on se battait pour la dernière place. Nos adversaires étaient contents de tomber contre nous. »
Le vent a vraiment commencé à tourner en mai 2011 à l’Euro en Turquie. « On a appris dix jours avant qu’on était qualifiés. Malgré le stress de disputer sept matches en huit jours, les gars ont terminé 6e. » En 2012, ils terminent à la même place aux Mondiaux en Bulgarie.
Désormais, à part les Ukrainiens et les Russes qui sont « imbattables », Raffeneau ne craint plus personne. Et regrette juste d’avoir été écarté des JO en 2013« Ils n’ont pris que cinq nations européennes, on était la sixième… »

Tout ça pour rien

Raison de plus pour se transcender pour l’Euro 2015 en France. « Là, j’ai une génération de joueurs impressionnante. Le but, avant la compétition, c’est d’acquérir de l’expérience ensemble. Les stages, comme à Poitiers où on est hébergés au CREPS, servent à cela. »
Son staff (un adjoint plus un préparateur physique) et lui sont embarqués dans une aventure humaine « assez inimaginable »« On a l’impression d’apporter quelque chose. Les mecs sont motivés, c’est du bonheur. S’ils n’étaient pas sympas, j’aurais arrêté. »
Car on a gardé le meilleur pour la fin : Dominique Raffeneau doit être le seul entraîneur d’une équipe de France… bénévole.

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Un quadra toujours vaillant sur le terrain

Faisait fi du poids des ans, Dominique Raffeneau joue toujours au volley au Stade Poitevin en championnat départemental. Avec quelques vieilles gloires côtoyées naguère au niveau national comme Éric Flajoulot ou Éric Labetoulle. A part une parenthèse à Niort, « Raf » a effectué l’essentiel de sa carrière à Saint-Benoît. Dans ce club, il sera même président, le temps de mener à son terme le projet d’accession en championnat national. « Cela nous tenait à cœur, on n’arrêtait pas de former des joueurs pour les autres clubs. » Sa fibre de formateur, il continue de l’entretenir en entraînant les cadets du Stade Poitevin.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 30 Mars 2014 à Poitiers

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