La main des sourds

La Serac vient au secours des sourds

Depuis plus de 15 ans, en Guadeloupe, la Serac (sourds, entendants, recherche, action, communication) se bat pour faciliter l’accession des sourds et des malentendants à la vie sociale, culturelle et professionnelle. Située au boulevard de Jarry, elle mène diverses actions de formation et d’information.

Les membres de l’équipe et leurs stagiaires brandissent le mot Serac en langue des signes.
Chaque année en Guadeloupe, naissent des enfants sourds. Un handicap qui pendant longtemps n’était pas pris en considération ni par la famille, ni par les autorités. Les sourds étaient donc isolés et ne disposaient d’aucun moyen pour s’intégrer dans la société. Aujourd’hui, la situation a évolué, et ce, grâce à l’association Serac, située au boulevard de la Pointe de Jarry. L’association met en place de nombreuses actions pour favoriser l’intégration des sourds dans la société et dispose, pour ce faire, de deux pôles. Une formation en alternance pour les personnes sourdes et travailleurs handicapés. Et une formation pour la lutte contre l’illettrisme. Le pôle social gère un accueil pour la surdité avec un encadrement pour les démarches administratives et sociales. En outre, l’association Serac offre un espace culturel dans lequel s’organisent des manifestations, des expositions, etc. L’association reçoit de nombreux artistes (peintres, plasticiens, etc.) qui proposent des travaux en ateliers pour les sourds.
Boulevard de la pointe de Jarry (derrière Ecomax)
Tél. 0590 26 21 09 »
REPÈRES
– La langue des signes en option au Bac
La langue des signes française (LSF) est reconnue en France depuis 2005 comme une langue à part entière. Cette reconnaissance a de multiples conséquences, tant au niveau de son enseignement, de son utilisation, que des débouchés professionnels. En Guadeloupe, la loi autorisant l’admission de la langue des signes dans les établissements scolaires a été appliquée seulement en 2009. Cette avancée aura permis aux candidats au baccalauréat de passer cette épreuve en option pour le Bac. Cette langue est une véritable chance pour le sourd et ce quelle que soit sa situation particulière.
– Deux formes de surdité
La surdité congénitale peut résulter d’une maladie contractée au cours de la grossesse de la mère : rubéole (au cours des trois premiers mois), toxoplasmose, cytomégalovirus, plus rarement rougeole, oreillons, varicelle ou grippe. La surdité acquise est souvent due à des maladies comme l’otite, la méningite, l’otospongiose, les tumeurs diverses, accidents (explosions, traumatismes liés au bruit ou à la pression), dégénérescences, etc. Dans ce cas, les causes sont parfois inconnues, particulièrement en cas de surdité brusque. Il existe 4 grands groupes pour repérer le degré de surdité : la surdité légère (perte de 20 a 40 décibels), lasurdité moyenne (perte de 40 à 70 décibels), la surdité sévère (perte de 70 à 90 décibels) et lasurdité profonde ou anacousie (perte supérieure à 90 décibels)
– Pladoyer en faveur de la langue des signes
Sandra Dupuis est à la tête de la Serac. Elle est dévouée et a été, dès son enfance, fascinée par la langue des signes. « Je ne me lassais pas d’essayer de deviner le sens des signes. Ces gestes étaient pour moi une sorte de magie qui se transformait en mots. Sitôt les études entamées, je n’ai pas eu de choix à faire, je savais que je voulais enseigner les signes » , explique la directrice. Elle regrette que la langue des signes ne soit pas plus considérée. « Il s’agit de la découverte d’une langue supplémentaire qui mériterait d’être reconnue dans notre société. Elle gagnerait à être mieux connue du public pour une meilleure reconnaissance de son utilité dans notre société. » Par ailleurs, elle regrette également que l’on fasse encore l’amalgame entre les sourds et les malentendants. « Bien que le vocabulaire soit clair, cet amalgame demeure toujours. Le malentendant entend encore et peut donc évoluer plus facilement dans la société. Il peut être appareillé. Ce dernier ne connaît pas la langue des signes et ne se reconnaît pas forcément dans la communauté des sourds. »
– Un brin d’histoire
Il faut remonter à l’antiquité greco-romaine et au moyen âge pour retrouver les traces de l’origine de la langue des signes, en France. L’âge d’or remonte au XIXe siècle avec les oeuvres de l’abbé de l’Épée.
IL A DIT Anthony Befo, jeune stagiaire malentendant de 14 ans : « Composer quelques phrases »
« Au Serac, en très peu de temps, j’ai pu acquérir une formation de base adaptée. Ce qui me permet aujourd’hui de composer quelques phrases. Je souhaiterais l’enseigner plus tard. »
Source : http://www.guadeloupe.franceantilles.fr © 20 Mars 2014

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