La main des sourds

Fin de tournage ce vendredi soir de « Marie Heurtin » de Jean-Pierre Améris avec Isabelle Carré

Le matin au travail autour de la machine à café, le soir autour d’un verre avec des amis ou le week-end lors d’un repas de famille, on entend souvent : «Ce sont toujours les mêmes films à la télévision»
C’est donc logiquement que les téléspectateurs se sont rués jeudi soir sur la 8ème, 12ème ou 24ème (?) rediffusion de Dirty Dancing sur TMC (1 242 000), de Dommage Collateral sur NT1 (756 000) ou encore celle duSolitaire sur W9 (712 000) délaissant ainsi le seul film inédit de la soirée sur France 3 Les émotifs Anonymes.

Avec seulement 2 233 000 téléspectateurs et 8,9% de part de marché, le 7ème film de Jean-Pierre Améris avec Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde déçoit pour une première diffusion en clair. Cet excellent film sorti le 22 décembre 2010 avait pourtant réalisé un excellent score en salle avec 1 172 000 entrées (pour un budget de 8M€). Mais point de curiosité des téléspectateurs…

Après avoir adapté Victor Hugo en réalisant L’homme qui rit en 2012 avec Marc-Antoine Grondin et Gérard Depardieu (245 000 entrées en décembre dernier), Jean-Pierre Améris a retrouvé cet été son actrice Isabelle Carré pour un film intitulé L’incroyable destin de Marie Heurtin et dont le tournage s’est achevé ce vendredi en fin d’après-midi dans la région lyonnaise.

Marie Heurtin raconte l’histoire vraie d’une jeune femme sourde et aveugle de naissance, qui à la fin de XIXe siècle fut recueillie puis instruite grâce au dévouement d’une jeune religieuse.
En effet le père de Marie Heurtin, modeste artisan, ne put se résoudre, comme le lui conseillait un médecin qui la jugeait «débile» à la faire interner dans un asile. En désespoir de cause, il l’a confie à des religieuses. La jeune sœur Marguerite va s’occuper de la jeune fille sourde et aveugle, une enfant sauvage, «un monstre furieux» comme on peut le lire dans les témoignages de l’époque et va inventer pour elle le langage des signes dans la main.

«Les deux femmes vont créer une relation fusionnelle. C’est presque un amour maternel» précise le réalisateur, qui a écrit le scénario avec son complice Philippe Blasband, tous 2 à l’origine des Emotifs Anonymes. Proche du film Miracle en Alabama d’Arthur Penn en 1967, Marie Heurtin aborde encore une fois le regard de l’autre, le handicap, la différence, les inadaptés… des thèmes qu’inlassablement creuse le cinéaste.

Pour interpréter Marie Heurtin le choix de Jean-Pierre Améris s’est porté sur Ariana Rivoire, une pensionnaire sourde de l’Institut National des Jeunes Sourds (INJS) de Chambéry : «Je l’ai aperçue sur un trottoir et j’ai tout de suite su que c’était elle qu’il me fallait» a-t-il déclaré, tenant impérativement à avoir une personne malentendante pour ce rôle.

Isabelle Carré jouera la religieuse Sœur Marguerite. La comédienne, vue l’année dernière dans le meilleur film français de l’année Du vent dans mes mollets, a appris le langage des signes pendant six mois.
Le casting est complété par Brigitte Catillon et Laure Duthilleul.

Débuté le lundi 29 juillet, le tournage s’est donc achevé ce vendredi 13 septembre.

Acheté par France 3 (fidèle à J.P Améris après Les émotifs anonymes et L’homme qui rit), le film sera proposé au comité de sélection du prochain festival de Cannes, et sa sortie officielle prévue pour octobre 2014 par Diaphana.

Source : http://destinationcine.com © 13 Septembre 2013

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