Langue des signes: manque d’interprètes dans la région

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Au Québec, quelque 770 000 personnes vivent avec des limitations auditives. De ce nombre, 57 000 ont une surdité qui nécessite des services d’adaptation et de réadaptation. Chez nous, en Mauricie, on compte environ 2 000 personnes malentendantes, dont plus de 80 font appel aux services du Regroupement des Personnes Sourdes de la Mauricie (RPSM).

[note]«On forme chaque année environ 50 étudiants. On manque d’interprètes, alors on trouve important d’offrir ce service. Mais ça ne veut pas dire que le besoin est comblé pour autant parce que ce n’est pas tout le monde qui suit le cours avec l’intention de devenir interprète.»[/note]

Cet organisme communautaire est né en 1989 de la volonté de Michel Robert, Yves Blanchette et Ruth Groves Rivard à vouloir aider la communauté malentendante. Avec peu de moyens, l’équipe du RPSM réussit néanmoins à faire de grandes choses.

Yves Blanchette et Michel Robert, intervenants communautaires au Regroupement des Personnes Sourdes de la Mauricie.

De La Tuque à Trois-Rivières et de Saint-Joseph-de-Maskinongé à Sainte-Anne-de-la-Pérade, l’organisme a rejoint l’an dernier près de 800 personnes par le biais de ses nombreuses activités.

Avec plusieurs années d’expérience derrière la cravate, MM. Robert et Blanchette constatent cependant que les besoins sont grandissants, mais que le nombre d’interprètes est largement insuffisant dans la région.

Parmi les divers champs d’intervention du RPSM, l’interprète Michel Robert enseigne la langue des signes du Québec (LSQ).

«On forme chaque année environ 50 étudiants, indique son collègue Yves Blanchette. On manque d’interprètes, alors on trouve important d’offrir ce service. Mais ça ne veut pas dire que le besoin est comblé pour autant parce que ce n’est pas tout le monde qui suit le cours avec l’intention de devenir interprète.»

«Il y a des gens qui viennent de façon professionnelle, d’autres qui viennent pour aider un membre de leur famille ou encore d’autres qui viennent pour le plaisir, ajoute M. Robert. Le cours est ouvert à tout le monde, qu’on soit jeune, vieux, sourd ou entendant.»

Né de parents sourds, ce dernier œuvre également au sein de la Commission scolaire Chemin-du-Roy. Lui qui cumule plus de 30 ans de métier est d’ailleurs le plus ancien interprète de la Commission scolaire.

Une langue complète et complexe

Le défi avec la langue des signes, c’est qu’elle diffère selon notre langue maternelle, notre culture et même notre région géographique. «La langue des signes n’est pas universelle», soutient M. Blanchette.

«Chaque pays et chaque culture ont une langue des signes qui est différente des autres, poursuit-il. En anglais, par exemple, les signes sont différents. Il y a aussi les signes en fonction des expressions des différentes régions. C’est la même chose pour les entendants qui ont des expressions propres à eux selon qu’ils viennent de la Gaspésie, du Saguenay, etc.»

Selon les informations que détient M. Robert, le métier d’interprète est apparu dans les années 80 au Québec.

«Auparavant, c’était les membres de la famille qui s’occupaient de la traduction, raconte-t-il. Mais le problème avec ça, c’est qu’il n’y avait aucune confidentialité. Ce n’était pas toujours agréable pour leurs sourds de demander à un membre de leur famille de les accompagner chez le médecin ou à la banque

Un vaste éventail de services

Bien plus qu’un simple service de traduction, le RPSM est aussi un service d’accompagnement, de soutien et d’intégration pour la communauté malentendante. «Dans la région, on fait de l’aide à la communication, explique Michel Robert. On assure la communication entre les services et les personnes pour que ces gens-là puissent être fonctionnels.»

«Les gens viennent nous voir pour toutes sortes de raisons, renchérit son collègue Yves Blanchette qui est père d’enfants sourds. Par exemple, ils viennent nous voir quand ils reçoivent une lettre du gouvernement et qu’ils ne savent pas trop comment gérer ça ou même ce qu’ils doivent faire avec ça. On s’occupe aussi de faire leurs impôts et de prendre leurs rendez-vous au besoin.»

«Chaque fois qu’ils reçoivent une communication qu’ils ne sont pas capables de gérer, ils génèrent de l’anxiété et mettent le dossier de côté, poursuit ce dernier. Et c’est là qu’on entre en scène parce qu’on veut briser cette chaine-là. Au fil du temps, on développe des liens avec ces gens-là. Ce sont bien plus que juste des clients, ce sont des amis.»

Source : http://www.lhebdojournal.com © 24 Janvier 2014 à Canada

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