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Culture. Les chansons des sourds riment à tous les yeux

Isabelle Voizeux, artiste chantsigneuse, et Colombe Barsacq, chanteuse.

Elles présentent aux Biennales internationales du spectacle leurs chansons en langue des signes.

D’où vient ce désir, cette envie de chansons en langue des signes ? La réponse rencontre le spectacle, qui s’intitule : « Colombe, elle a tant… » « Oui, tant de désirs, d’envies… s’amuse Colombe Barsacq, tout sourire dans l’intense tohu-bohu de la Biennale. J’avais mon expérience de chanteuse, mais auteure, l’étais-je ? La première aventure de passerelle entre culture française et culture sourde, je l’ai faite avec un spectacle autour de Nougaro et Salvador. Ce fut le choc de ma vie. Je découvrais le sous-continent de la culture sourde. » Une manière de « music-hall inouï » qu’elle va construire en duo, et en forme de spectacle ouvert à tous les spectateurs. Une « balade musicale et visuelle au cœur de la féminité » qu’elles ont interprétée hier soir à la compagnie du café-théâtre.

« Il faut appréhender la surdité comme une différence et non un handicap : je ne suis pas handicapée, je suis sourde, dit Emmanuelle Laborit dans son autobiographie. » De telle sorte qu’il existe une communauté sourde, disposant d’une culture à part entière, distincte de la culture entendante majoritaire. « La Culture Sourde, avec des capitales ! »

Sur scène, auprès de Colombe la chanteuse, Isabelle Voizeux, la « chantsigneuse », qui pratique l’art du ChantSigne, également avec des capitales. « Depuis que je suis petite, c’est la vue qui rythme ma vie, explique Isabelle, car il y a toujours des choses à regarder. J’ai moi-même écrit une chanson en langue des signes. Il suffit de remplacer ce qu’on entend par ce qu’on voit, avec des rimes visuelles. » Ce qui définit la « visucalité » (équivalent de la « musicalité ») propre de ces chansons, c’est leur beauté singulière. On ne parlera pas de « chansons de gestes », ni de « chansons à voir », mais d’un « spectacle bilingue » construit sur les « signes musicaux » qui forment le monde du silence.

Créé à Paris, montré avec succès au théâtre des Trois Baudets, le spectacle qui s’écoute avec les yeux est une belle victoire pour cette langue qui fut interdite pendant un siècle, jusqu’en 2005. Beaucoup des 5,5 millions de sourds de France fréquentent les lieux culturels (surtout les cinémas et théâtres), précisément pour ne pas s’isoler. Ils attendent désormais « que l’obstacle primordial de l’accessibilité des lieux soit levé. » Et ils espèrent que les entendants ne seront pas sourds à leur appel.

Aux BIS : Atelier en présence d’interprètes de LSF au stand Cré n° 23 de la Place des tournées, ce 23 janvier. contact@rayondecrits.fr

www.rayondecrits.fr

Source : http://www.ouest-france.fr © 22 Janvier 2014 à Nantes

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