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Les Villages. La maison des sourds

Une partie des enfants est scolarisée au centre, les autres sont suivis chez eux.

Créé en 1839 par l’abbé Garnier, l’institut départemental des jeunes sourds, le centre Jacques-Cartier, est basé depuis 50 ans aux Villages. Également ouverte aux enfants dysphasiques, l’institution accompagne aujourd’hui 700 personnes. Entretien avec son directeur Jean Briens.

Le Télégramme : Que reste-t-il aujourd’hui de la philosophie de l’abbé Garnier, le fondateur de l’institut ?
Jean Briens : « Pendant très longtemps, notre centre a été dirigé par des religieux, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui puisque nous avons un statut d’établissement public présidé par le président du conseil général. Mais nous avons gardé deux idées essentielles. Premièrement : tout le monde peut apprendre, quel que soit l’âge, à condition d’adapter les outils. Deuxièmement : pour aider les gens, il faut les raccrocher à leurs habitudes et à ce qu’ils veulent faire dans la vie ».

Quel public accueillez-vous au centre ?
« Environ 700 personnes fréquentent nos services dans lesquels travaillent 140 salariés. Il y a bien sûr l’accueil et la prise en charge des enfants sourds (scolarisation, formation professionnelle dans les domaines des espaces verts et des services à la personne, soutien aux parents…). Mais aujourd’hui, nous allons bien au-delà de notre mission historique. Nous nous occupons d’enfants, entre 0 et 6 ans, qui ont des difficultés de développement et parfois des handicaps très importants. Nous scolarisons aussi des enfants dysphasiques : des enfants d’intelligence ordinaire, mais qui ont des problèmes d’attention, de mémoire et d’expression. Nous suivons enfin des adultes sourds ou malentendants que nous accompagnons dans leur vie sociale ».

Votre établissement permet-il de répondre aux besoins ?
« Nous aidons les gens jusqu’à 60 ans et le problème, c’est qu’il y a de plus en plus de demandes de la part des personnes âgées qui deviennent malentendantes. Le vieillissement de la population et son maintien à domicile sont parmi les grands défis de demain. Il n’y a pas de solution aujourd’hui. Il y a donc des dispositifs à inventer pour les conseiller et les soutenir. En ce qui concerne les jeunes enfants (0-6 ans), nous essayons de ne laisser tomber personne en partageant les moyens. Par contre, pour notre pôle enfance (6-18 ans), il y a 50 enfants sur liste d’attente dans le département et aucune solution actuellement ».

Concernant ces enfants sourds, comment se déroule leur scolarisation
?« Dans des groupes de quatre à huit personnes. En ce qui concerne la langue, seuls 10 % des parents font aujourd’hui le choix de la langue des signes. 90 % d’entre eux choisissent la langue française. Les enfants se font alors appareiller lorsque c’est possible, et apprennent à lire sur les lèvres. De notre côté, nous essayons d’attirer l’attention des parents sur l’importance de pratiquer en parallèle la langue des signes. Ce peut être pour eux une vraie compétence, même si ce n’est pas leur première langue. C’est une langue de repos qui ne nécessite pas d’hypervigilance et qui permet de faire des rencontres. Mais nous comprenons aussi le choix des parents qui ont envie de communiquer avec leurs enfants ».

Source : http://www.letelegramme.fr © 20 Janvier 2014 à Saint-Brieuc

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