La main des sourds

Comment les prêtres pédophiles ont été protégés

Arte diffuse un documentaire sur un prêtre catholique et directeur d’un institut pour enfants sourds aux Etats-Unis qui a abusé sexuellement près de 200 garçons .

Le diable s’habille parfois en soutane. « Mea Maxima Culpa », documentaire diffusé ce soir à 20 h 50 sur Arte, en est le glaçant témoignage. Pour les pensionnaires de l’institut pour enfants sourds Saint-John de Milwaukee, aux Etats-Unis, le diable s’appelait Lawrence Murphy. Directeur de l’établissement de 1950 à 1974 et décédé en 1998, ce prêtre catholique a abusé sexuellement près de 200 garçons et ados alors qu’il dirigeait l’école.

« Il était comme le joueur de flûte, qui attire et fait faire à ses victimes ce qu’il veut », explique l’un des anciens pensionnaires, détaillant les premiers attouchements dans une penderie aménagée en discret confessionnal puis les viols répétés dans les dortoirs : « Il agissait comme un loup en chasse, choisissant les enfants dont les parents ne connaissaient pas la langue des signes et pouvaient difficilement le dénoncer. »

Comment le prêtre pédophile a-t-il pu commettre ses crimes en toute impunité sur une aussi longue période, comme le père Marcial Maciel pendant cinquante ans au Mexique ou encore le père Tony Walsh en Irlande ?

Le documentaire, signé Alex Gibney et réalisé pour la chaîne américaine HBO, accuse directement le système clérical catholique, faisant du déni systématique et du silence une forme de défense implacable.

Le réalisateur, à force d’archives et de témoignages d’anciens membres du clergé, de victimes, d’avocats, va jusqu’à faire la démonstration de la responsabilité du Vatican dans la mise en place d’une chape de plomb sur les affaires de pédophilie. De 1950 à 1990, l’Eglise catholique a dépensé 80 M$ (60 M€) pour traiter plus de 2000 prêtres dans des centres spécialisés, toujours à l’abri des regards, en Italie, en France, en Afrique et en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et aux Philippines.

1 commentaire
  1. TROYANO ANDRES dit

    C’est une triste constatation que la sexualité naturelle quand elle est étouffée par des tabous religieux ou sociaux mène aux abus des innocents …
    Le peintre espagnol Goya (Il était sourd) disait “Le rêves de la raison produit des monstres”

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