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A Menin, on préfère la langue des signes au français

La bourgmestre de Menin, en Flandre orientale, veut interdire aux fonctionnaires de la commune de parler français.

Martine Fournier, bourgmestre de Menin

De nombreux Français et Wallons vivent à Menin (Menen, en néerlandais), petite commune flamande, située aux confins de la frontière linguistique et de la frontière française. « Elle communique d’ailleurs directement avec la commune française d’Halluin, dont elle partage la rue principale », nous apprend Wikipédia.

Pour cette raison, il est fréquent que les fonctionnaires y parlent le français pour aider les citoyens. Mais, en Flandre, la législation linguistique ne le permet pas. Or, le français est plutôt la règle que l’exception dans son administration, estime la bourgmestre Martine Fournier (CD&V). « Cela commence un peu à dépasser les bornes. A l’hôtel de ville, j’ai parfois l’impression qu’on y parle plus d’autres langues que la langue ’propre’ (le néerlandais, ndlr) », souligne-t-elle.

Du coup, dès le 1er janvier 2014, il sera interdit à tout fonctionnaire de Menin de parler dans une autre langue que le néerlandais. Une formation sera d’ailleurs proposée aux fonctionnaires. « Je peux imaginer que ce ne soit pas facile pour le personnel, parce que les personnes qui jusqu’à maintenant étaient aidées dans leur propre langue, vont dorénavant se retrouver confrontées au néerlandais. » Le personnel sera donc formé à la « gestion de l’agressivité », aux « pictogrammes », et à la « langue des signes ».

Un avis en ce sens a d’ailleurs été publié sur le site de la commune , qui détaille comment offrir des «prestations de service de qualité avec un usage strict et correct de la langue » (en néerlandais dans le texte). Il s’agit bien de faire appliquer un code de conduite, « dans le respect de la législation linguistique », détaille la page du site.

Extrait : « Il ne faut jamais basculer automatiquement vers une autre langue (que le néerlandais). Si une situation le rend nécessaire, que des pictogrammes et des gestes ne suffisent pas, alors, on peut basculer vers une autre langue ». Mais seulement « à titre exceptionnel », « l’exception devant rester une exception et en aucun cas devenir la règle », explique la bourgmestre.

Détail piquant, lorsque l’on clique sur la version française du site de la commune, on atterrit sur une page indiquant « Bienvenue sur le site officiel de l’Office du Tourisme de Menin ». Idem pour les versions anglaise et allemande. La rubrique « Logements » n’est plus accessible en français.

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