La main des sourds

Malgré sa surdité, elle décroche ses diplômes en droit et en interprétariat

Audrey a 26 ans. Elle est sourde depuis sa naissance et aujourd’hui, elle se prépare comme tous les autres étudiants, à sa session d’examens en droit. Sa personnalité étonnante lui a permis de réaliser jusqu’ici un parcours atypique mais aussi brillant.

Le quotidien d’Audrey, ce sont les lois et les codes, mais aussi le silence. Cependant aujourd’hui, elle parle, grâce à des prothèses spéciales et un apprentissage de longue haleine.  “Apprendre à parler en tant que personne sourde n’est pas naturel. Cela nécessite beaucoup d’efforts et de longues heures de logopédie“, explique-t-elle. Grâce à son implant, elle parvient à percevoir quelques sons, ce qui l’aide aussi dans son apprentissage de la parole.

Un sacré défi et un sacré bagage

Mais Audrey ne s’est pas contentée de ses études de droit.  Elle a également décidé de devenir interprète en italien et en allemand. “J’ai dû apprendre à oraliser certaines langues étrangères, ce qui n’était pas facile, et j’ai dû passer mes examens oraux dans d’autres langues“. Car Audrey est également partie étudier en Erasmus dans un pays où elle n’avait d’autre choix que de parler une autre langue.  Aujourd’hui au total, elle en connait six et en parle cinq.

Deux passions assouvies

“J’ai toujours aimé deux choses dans la vie: les langues et le droit. Alors quand j’ai eu fini les langues, je me suis dit : “et pourquoi pas commencer le droit ? Et voilà!“, dit-elle enthousiaste. Aussitôt dit, et aussitôt fait avec brio. En mars dernier, elle remporte avec son équipe, un concours international de plaidoiries. Cette prouesse vient clôturer quatre années de cours et un véritable parcours du combattant.

Une aide indispensable

En cours, les professeurs parlent vite et sont souvent tournés vers le tableau. L’aide de preneurs de notes et d’une interprète lui était donc indispensable. Chloé Crunenberg est l’accompagnatrice pédagogique d’Audrey.  “Quand c’est possible, Audrey m’envoie les slides du cours suivant pour que je puisse préparer le vocabulaire que je ne connais pas“, explique-t-elle.

Une élève admirable

Les autres élèves qui sont en cours avec Audrey ont une certaine admiration pour elle : “Elle doit fournir une masse de travail supplémentaire par rapport à nous“, nous dit l’un d’entre eux.  D’autres par contre, ont pris l’habitude de lui parler tout naturellement et oublient son handicap.

Courage et encadrement, ça aide

Audrey est déterminée et courageuse, mais elle est aussi bien encadrée par l’université, et soutenue sans relâche par ses proches. “J’ai toujours su que ma sœur était quelqu’un d’intelligent et qu’elle y arriverait. Dès lors, contrairement à d’autres, j’ai moins vu le handicap comme une entrave à ses études“, précise sa jeune sœur Julie.

Un message d’espoir

Bien sûr, il y a des difficultés dans la vie, mais il ne faut pas que cela nous bloque,  nous fasse  abandonner ou nous détourner de nos objectifs. Si on veut vraiment quelque chose, il faut essayer de passer outre les difficultés. Ensuite, je crois que tout est possible”, conclut Audrey, avec une touche d’humour dans sa gestuelle.

Source : http://www.rtbf.be © 4 Juin 2013 à Belgique

 

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