La main des sourds

Rénovation bâclée. Lourde facture pour limiter la casse

Victime d’un artisan peu scrupuleux à qui il avait confié la rénovation de sa maison, un couple de sourds-muets attend avec impatience le 8 octobre, date à laquelle l’affaire sera plaidée devant le tribunal de grande instance de Quimper.

90.000 €. C’est la somme qu’ont dû avancer les parents d’un jeune couple de sourds-muets pour les aider à démolir et reconstruire partiellement une maison qu’ils ont achetée à Migné-Auxences près de Poitiers (Le Télégramme du 27 mars 2013). Originaires de Brest, Philippe et Nelly Le Goff avaient confié, en 2009, la rénovation de la maison à un artisan cornouaillais.

La maison menaçait de s’écrouler

Très vite, de graves désordres et d’importantes malfaçons sont apparus à la suite de l’effondrement d’une dalle, et le couple a saisi la justice en 2010. Un expert s’est rendu sur les lieux et, au vu du danger, a préconisé la démolition de tout ce qui avait été entrepris. Le 29 juin 2012, un juge ordonnait la démolition des travaux entrepris. « Rien n’était récupérable de ce qui avait été fait par l’artisan. On ne pouvait pas rentrer dans le bâtiment car il y avait danger d’effondrement », témoigne Paul-Marc Prigent, beau-père de Philippe Le Goff. Après avoir sollicité plusieurs devis, un artisan de la Vienne a été retenu pour la démolition. « Les frais se sont élevés à 40.000 €, précise Paul-Marc Prigent. Avant de démolir la dalle, il a fallu faire une ceinture périmétrique pour consolider les murs. Le toit et la charpente ont été déposés ». Pour que le bâtiment ne se dégrade plus encore et que l’ensemble des murs ne finissent par s’écrouler, des travaux de reconstruction ont été entrepris pour mettre la structure hors d’eau.

La facture s’alourdit de 90.000 €

Les parents ont financé la totalité des travaux qui s’élèvent à près de 90.000 € car le couple est « à bout de souffle », étranglé financièrement entre les prêts pour la maison et les prêts des travaux. L’hiver dernier, il a même été hébergé durant quatre mois par la mairie de Migné-Auxences, car la partie haute de la propriété qu’ils occupent de dispose d’aucun confort. Un deuxième enfant étant né en mars, le couple s’est serré la ceinture pour payer un loyer de 500 € en avril afin de retarder le retour dans leur maison. Parents et enfants attendent désormais avec impatience le 8 octobre, date à laquelle doit être jugé ce dossier devant le tribunal de grande instance à Quimper. « On attend la décision. Si le juge décide enfin que Philippe et Nelly ont raison, ils seront dédommagés et obtiendront de l’artisan le remboursement des sommes perçues. Le préjudice, rappelle Paul-Marc Prigent, a été estimé par l’avocat à 200.000 € ». Mais un doute tenaille la famille. La société incriminée a été placée en liquidation et elle n’a aucune certitude sur la solvabilité de l’artisan. Le couple, avec ses deux enfants, redoute déjà l’arrivée de l’hiver.
En savoir plus https ://www.facebook.com/pages/La-maison-des-cauchemars/163614120359481.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.