Au multi-accueil, on pratique la langue des signes

Le nom signé décrit parfois les petites manies : accrocher une barrette, remonter des lunettes, tourner son café, mettre une mèche de cheveux derrière l’oreille…

Pour mieux accompagner une fillette malentendante, l’équipe de Pomme de reinette apprend la dactylologie. Un trait d’union pour communiquer avec les enfants.

Reportage

Il est 11 h 15 au multi-accueil Pomme de reinette. Les bambins, assis autour des auxiliaires puéricultrices, observent des mains bavardes animant des cornes d’escargot, des ours et même des baleines qui virevoltent dans les airs. C’est l’heure des comptines. Un temps propice pour appliquer la formation originale qu’entreprend toute l’équipe encadrante depuis novembre, et ce jusqu’en juillet : l’apprentissage de la dactylologie.

L’année dernière, le centre avait accueilli une petite fille malentendante. L’équipe a été interpellée et la question de son accompagnement s’est posée : « Nous voulions épauler les parents dans leur démarche d’apprentissage de la langue de signes »,explique Anne Tesson, responsable du multi-accueil.

Plus globalement, l’équipe se demande comment communiquer avec les enfants qui n’ont pas encore acquis la parole, comme les tout-petits, ou qui ont des difficultés, voire un retard de développement du langage. Elle sollicite alors la municipalité qui encourage les initiatives positives en prenant en charge le coût de la formation : « L’intérêt du projet en direction des enfants en difficultés et la motivation de l’équipe nous ont convaincus », explique Sabine Roirand, adjointe à la commission enfance-jeunesse.

« Bluffée » par l’investissement

C’est ce que relève aussi Sandy Leclerc, éducatrice spécialisée et formatrice en Langues des signes en français (LSF) : « Je suis bluffée par leur investissement. »Tous les 15 jours pendant deux heures, dans une ambiance studieuse, elles entament l’apprentissage en se présentant par leur nom signé. Si quelques mots à voix haute résonnent en début de cours, la place est vite laissée au silence, aux doigts qui claquent, mais aussi aux rires complices.

Pas toujours facile de se faire comprendre « C’est comme apprendre une langue étrangère. » L’éducatrice rectifie le tir en amenant l’interlocutrice à préciser ce qu’elle souhaite « dire ». Le mot trouvé est noté au stylo, puis répété par l’assemblée.

Ce procédé est reproduit auprès des enfants lors des comptines : « Puisqu’elles sont répétées quotidiennement, les signes sont alors repérés. C’est très visuel, mais on ne coupe pas le son pendant la chanson pour qu’ils puissent associer le mot et le geste. » Ils en ont acquis quelques-uns et peuvent d’ores et déjà exprimer un besoin avec des signes simples, pour des actes du quotidien : boire, manger, dormir mais aussi bonjour, merci, au revoir, s’il te plaît, bravo.

« Notre but est que cela devienne un automatisme. Nous mettons les nouveaux mots à disposition des familles pour qu’elles puissent continuer cet apprentissage chez elles. De leur côté, on les invite à trouver un signe représentatif de leur enfant selon sa personnalité. » Le nom signé, photographié, côtoiera ainsi le nom écrit sur la pochette à doudou. « Quand les petits arriveront à signer leur nom, on aura gagné notre pari. »

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