La main des sourds

Lorsque l’ambassadeur Fletcher et son épouse plongent dans le monde émouvant des enfants sourds de l’IPR

Devant le gâteau traditionnel aux couleurs de la Grande-Bretagne, du Liban et de l’IPR, l’ambassadeur de Grande-Bretagne et son épouse, Louise, en compagnie de sœur Patrice (à gauche), sœur Claude et d’élèves des classes primaires.

L’ambassadeur de Grande-Bretagne et son épouse Louise ont effectué une visite à l’Institut du père Roberts pour enfants sourds, à Seheylé, où ils ont pu apprécier les talents des élèves et la compétence du cadre pédagogique avec qui ils ont partagé un repas dans une atmosphère émouvante et conviviale.

Loin des coulisses et des rapports diplomatiques ou du suivi des bouleversements géopolitiques qui ébranlent notre environnement régional, l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Tom Fletcher, accompagné de son épouse, Louise, s’est plongé dans le monde, souvent émouvant, des enfants sourds, le temps d’une visite à l’Institut du père Roberts de Seheylé, tenu par les sœurs basiliennes choueirites.
En poste à Beyrouth depuis un peu moins de deux ans (il a été accrédité au Liban en août 2011), père de deux garçons de 7 et 2 ans, Tom Fletcher semble s’être attaché au Liban, ou tout au moins il paraît scruter de près les réalités locales et le quotidien de la population, comme l’illustre son blog où il relate parfois ses expériences et son vécu en terre libanaise. Récemment, joignant l’acte à la parole et pour ne pas se cantonner dans les beaux sentiments, il a organisé à sa résidence de Beyrouth une cérémonie très conviviale marquée par une vente de tapis confectionnés par Nevine Maktabé qui a offert une partie des bénéfices à l’IPR. Cette recette a été complétée par les bons soins de l’ambassadeur britannique. Le montant global ainsi collecté a été remis par M. Fletcher et son épouse à la directrice de l’établissement lors de la visite qu’ils ont effectuée il y a quelques jours à l’IPR où ils ont été accueillis par la supérieure du couvent de Seheylé, sœur Claude Nasr, la directrice de l’IPR, sœur Patrice Moussallem, les membres du corps professoral, ainsi que les présidents des municipalités de Seheylé et Balllouné.

Les enfants sourds ont réservé pour l’occasion un accueil particulièrement émouvant au couple Fletcher. Dès leur arrivée, l’ambassadeur et son épouse ont pu apprécier une danse rythmée présentée par des élèves des classes primaires, habillés en costume folklorique, sur l’air d’une chanson populaire de Feyrouz. Bien que malentendants, les enfants parvenaient, comme ils le font à chaque spectacle préparé par l’IPR, à effectuer les pas de danse en se basant sur les vibrations puissantes de la musique et sur les instructions de leur professeur qui communiquait avec eux par le langage des signes. Un langage des signes qui a permis aussi aux élèves de mimer avec leurs mains les paroles de la chanson.
Ce fut ensuite au tour des élèves du complémentaire d’user de la même technique pour exécuter une danse au rythme, cette fois-ci, d’une chanson tirée du répertoire anglais.
Déjà envoûté par la prestation des enfants sourds, M. Fletcher a eu du mal à cacher son enthousiasme et son admiration pour le travail accompli, lorsqu’une élève de 15 ans lui a offert, au nom de tous ses camarades de l’IPR, un grand portrait de lui entouré et orné par les photos, de petit format, des 90 élèves de l’établissement, en signe de remerciement pour l’aide financière substantielle qu’il a assurée à l’IPR. Une aide d’autant plus vitale que les enfants de l’IPR sont pris en charge et encadrés gratuitement et, de surcroît, 50 d’entre eux sont pensionnaires.

Un difficile défi

Cette gratitude à l’égard de l’ambassadeur britannique a ensuite été exprimée par la supérieure du couvent, sœur Claude, au nom des élèves, et du cadre administratif et pédagogique. « Votre geste et votre générosité sont à la hauteur du difficile défi que nous nous sommes engagés à relever, dans le cadre de notre Congrégation des sœurs choueirites, a notamment déclaré sœur Claude. Prendre en charge et encadrer les enfants sourds de manière adéquate durant toutes les années de leur vie scolaire pour leur assurer les moyens de rétablir un lien avec le monde extérieur, développer leur personnalité, stimuler leur potentiel créatif et leur permettre de bénéficier d’une éducation semblable à celle des autres enfants nécessitent des compétences pédagogiques spécialisées, des techniques avancées et donc d’importants moyens matériels. Une telle mission n’aurait pas pu être assurée sans des initiatives généreuses comme celles que vous avez eu l’amabilité de prendre aujourd’hui et qui reflète votre attachement au Liban. Un attachement que vous exprimez d’ailleurs si bien sur votre blog personnel. »
Et sœur Claude d’ajouter : « L’enjeu pour nous, ou plutôt pour nos enfants, est de taille. Preuve en est que certains des enfants que nous avons encadrés ces dernières années ont réussi à achever avec succès leurs études scolaires et à entamer des études universitaires dans de grands établissements du pays, et ils pourront de ce fait avoir prochainement une activité professionnelle productive. »
L’ambassadeur Fletcher a pris à son tour la parole pour rendre un hommage marqué à l’action entreprise par la directrice et le cadre pédagogique de l’IPR.
La cérémonie a été suivie d’un déjeuner offert au réfectoire de l’établissement en l’honneur de M. Fletcher et de son épouse, en présence des responsables de l’école et des présidents des municipalités de Ballouné et Seheylé. L’ambassadeur, accompagné de sœur Patrice, a tenu au cours du repas à se joindre aux élèves, passant d’une table à l’autre pour saluer personnellement les enfants qui lui ont réitéré leur reconnaissance à leur manière en faisant usage du langage des signes.

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