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Hauts de Seine Habitat

L’art des mots silencieux

Anne Smedile explique que la langue des signes est celle d’une “minorité linguistique”. Ici, elle traduit le mot “chat”

Les interprètes en langue des signes ne sont pas légion. Il n’empêche que lors des vœux du maire de Carpentras, il y a quelques semaines, Anne Smedile était à l’œuvre.

Ce jour-là, cette jeune femme de 28 ans a donné une sorte de “vrai faux” spectacle en public.

Vrai, car sa prestation n’est pas passée inaperçue. Et faux, car elle s’est livrée à un exercice de traduction grandeur nature à destination de sourds qui avaient été invités aux vœux du maire. Et là, on n’est plus dans le spectacle mais dans une véritable expression.

En effet, en sa qualité d’interprète, elle traduit le français en langue des signes. “Une langue à part entière, avec sa syntaxe et sa grammaire, qui est reconnue par une loi de 2005” précise Anne Smedile.

Alors comment ça marche ? Il faut savoir que cette traduction, essentiellement par une gestuelle des mains, des bras, du torse, du visage, et des lèvres, s’articule à la faveur “d’unités de sens” et pas d’un “mot à mot”.

Et jusqu’ici, on n’a pas trouvé mieux que cet “alphabet dactylologique” pour permettre aux sourds de ne pas être dans l’isolement. Des sourds qu’Anne Smedile ne considère pas comme “des handicapés”, mais comme “une minorité linguistique”.

Il faut savoir que cette interprète est l’une des deux seules diplômées à travailler dans le Vaucluse, elle-même étant salariée de l‘association “Sourds et interprètes de Provence” (voir Repères ci-contre).

Après une licence de Sciences du langage, obtenue à Lille, elle a donc poursuivi son cursus jusqu’au master en langue des signes.

Anne Smedile intervient essentiellement dans le Vaucluse, au gré des besoins des sourds, qui du reste bénéficient d’une allocation destinée à leur permettre de rétribuer son employeur : “Je travaille toute la semaine dans tous les domaines de la vie. Je fais de la formation dans les entreprises, des entretiens d’embauche, les rendez-vous à la banque, chez le notaire…”

L’autre jour à la mairie de Carpentras, elle s’est livrée à un exercice qu’elle considère comme particulièrement difficile : “Le maire m’avait donné son discours avant, mais c’était rapide et il fallait aller vite. C’est un travail épuisant.” À la fois intellectuellement et physiquement.

Mais Anne Smedile confie avoir le bonheur d’exercer la profession qu’elle a choisie. Une profession qui offre de nombreux débouchés.

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