A la une

Ils cassent leur rêve pour mettre fin au cauchemar

La destruction de la maison a débuté au cours de l’été. Avant de reconstruire il va falloir trouver des fonds.

Migné-Auxances. Une famille de sourds, victime d’un entrepreneur peu scrupuleux, casse la maison de ses rêves construite en dépit du bon sens.

Un rêve construit de guingois, voilà à quoi ressemble leur maison de la rue de l’Abreuvoir à Migné-Auxances.

Le coin est calme, bordé de vieilles maisons. On peut même lancer sa gaule directement dans l’Auxance et espérer gagner à la bonne touche.

Catalogue des erreurs à ne pas faire

Nelly et Philippe aussi pensaient avoir tiré le gros lot. Une grande maison à retaper pour abriter la famille. De belles et vieilles pierres. De la patine à lustrer. Un peu de terrain pour laisser courir les enfants en toute quiétude. Et la verdure.
Mais le rêve tourne vite au cauchemar. Ils ont même commencé à le casser cette année pour tout reconstruire. La politique de la table rase, un espoir de nouveau départ près de trois ans après leur arrivée dans la Vienne.
Si la famille a quitté sa Bretagne natale, c’est pour permettre à Lucas, leur fils de six ans, sourd comme eux, de bénéficier du meilleur enseignement possible. Ils ont choisi un institut spécialisé de Poitiers.
La famille déménage, tombe sous le charme d’une maison à Migné-Auxances. Il y a des travaux à engager. Beaucoup de travaux. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Une connaissance de la mère de Philippe, entrepreneur en Bretagne, se propose pour mener le chantier. En attendant que la grange devienne maison, la famille se tasse dans un confort précaire dans une autre partie des bâtiments.
Le chantier démarre et, au bout de quatre mois, s’arrête brutalement. Un infarctus vient de frapper l’entrepreneur. Les problèmes ne font que commencer. Une partie du toit s’effondre alors que Philippe est dessus. Il prend conscience, avec sa famille de l’ampleur des malfaçons. Un vrai catalogue des erreurs à ne pas faire. On croirait que tout a été fait exprès pour une démonstration tant les aberrations sautent aux yeux.
La justice a été saisie : au civil pour obtenir réparation et le paiement de plus 154.000 € pour reconstruire ; au pénal, pour mettre en cause l’entrepreneur.
La justice a fini par ordonner la destruction de la maison. Philippe et Nelly ont commencé à casser leur rêve pour mettre fin au cauchemar. Une entreprise, La Pierre Angulaire, est aussi de la partie.
Mais le plus dur est à venir. Il va falloir trouver des sous pour payer la reconstruction. Car, si un procès est prévu au civil dans quinze jours, le dossier est encore très loin d’être bouclé.
Et, si la famille doit s’agrandir avec l’arrivée d’un bébé au printemps, la vieille maison, elle, reste dans le même état déplorable.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 6 Janvier 2013 à Migné-Auxances

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
ajax-loader
Fermer

Adblock détecté

Cher lecteur, Vous voyez cette page car votre bloqueur de publicité est activé. Veuillez le désactivez puis cliquer sur "Accéder à Sourds.net" Pour vous remercier.