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Hauts de Seine Habitat

Une classe de maternelle dédiée aux enfants malentendants

La petite Noujoud s’en va pour une séance d’orthophonie. A gauche, Véronique Puel, l’enseignante des six enfants de petite-moyenne section et à droite, la spécialiste dépêchée par le centre Rabelais.

Doigts écartés, Véronique Puel fait pivoter ses mains de gauche à droite et accompagne son geste d’un « bravo ». Rayan ne peut pas entendre les félicitations de sa maîtresse mais, grâce au langage des signes, il comprend qu’il vient de réussir l’exercice de « T’choupi qui voudrait rejoindre son papa ».
Depuis la rentrée, l’école Elsa-Triolet à Beauvais héberge une classe spécialisée de six enfants malentendants en petite-moyenne section. Une première pour l’établissement scolaire appelé à la rescousse, au printemps dernier, par le centre Rabelais, basé à Agnetz. A ce moment-là, l’établissement médico-social pour enfants sourds s’était mis en quête d’une école hôte après avoir appris que celle de Creil, qui accueillait jusque-là les maternelles, ne pourrait plus le faire. Les responsables du centre se sont tournés vers Beauvais et la directrice d’Elsa-Triolet, la mairie, l’inspection académique ont donné leur feu vert pour un accueil à titre gracieux.
Dans la classe, les six enfants malentendants, âgés de 2 ans et demi à 5 ans et originaires de tout le département, suivent un apprentissage classique fait de « rituels comme compter les absents chaque matin », explique Véronique Puel. Avec la particularité que les journées sont ponctuées d’interventions de spécialistes du centre Rabelais, venus pour des groupes de travail en langage des signes, psychomotricité, ergothérapie, orthophonie, rythme et voix. Un apprentissage en adéquation au handicap des enfants : « Six, c’est très bien. Les enfants sourds, quand ils ont décidé de ne pas écouter, ils tournent la tête. Et cela demande beaucoup pour les ramener », précise l’enseignante spécialisée, en délégation au centre Rabelais.
Etre en milieu scolaire ordinaire est l’un des objectifs de l’établissement médico-social, qui œuvre pour une intégration des enfants malentendants dans la société. Rayan, Bakary, Lou, Mathéo, Noujoud et Adriano partagent ainsi les moments de récréation et la cantine avec les entendants. « Les élèves ont déjà compris qu’ils ont des handicaps, note Bruno, professeur des écoles. Ils ont déjà appris à dire bonjour en langage des signes. Au fur et à mesure, il y aura des échanges avec des classes et des partages d’activités. » L’expérience devrait durer quelques années en attendant la fin des travaux à l’école des Sables, de Clermont, où il existe déjà une classe de moyenne et grande section.

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