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Deux cents ans d’histoire à l’institut André-Beulé

Cet établissement accueille les enfants sourds et muets.

A l’institut André-Beulé les enfants apprennent le langage des signes.

Une cour d’école, une cantine, un internat, des salles de classe, des enfants qui chahutent à l’heure de la récréation… L’institut André-Beulé est une école comme les autres. Seule particularité, ses élèves communiquent en utilisant la langue des signes.
La structure nogentaise accueille cinquante et un enfants sourds-muets, de 0 à 20 ans. Ou subissant des troubles sévères du langage. Connu de tous, l’établissement a traversé les époques.
L’histoire commence il y a deux cents ans. L’Abbé de l’Épée, fondateur des lieux, rencontre un cordonnier sourd. Une rencontre déterminante qui donne l’envie à l’Abée d’enseigner aux enfants sourds-muets.
Pendant des années, des Sœurs sont en charge des élèves. Lorsque l’institut devient laïque, en 1991, les Sœurs quittent le couvent, pour s’installer rue Gouverneur. « Malgré la laïcité nouvelle, certaines religieuses sont tout de même restées au conseil d’administration. Cela fait partie de notre histoire », raconte Christine Huet, directrice adjointe, pour l’établissement nogentais.

Parcours scolaire ou professionnel

Parmi les cinquante et un élèves, trente sont en section d’éducation et d’enseignement spécialisé. « Soit ils suivent les cours en intra, chez nous. Ils peuvent aussi s’intégrer dans des classes d’entendants, en extérieur, avec un soutien ».
Onze jeunes, plus âgés, sont « soit en recherche d’une voie professionnelle, soit déjà en formation. Cette section implique plusieurs stages. Nous avons des adolescents en horticulture, en mécanique, ou encore en boulangerie ».
L’objectif : tous les projets sont individualisés. « C’est du sur-mesure. Pour preuve, nous avons un élève qui est au niveau CP en lecture et en 5e en mathématiques. Du coup, c’est assez complexe pour faire les emplois du temps pour chacun ».
La rentrée de l’institut s’est déroulée sans encombre ou menace de fermeture de classes. Et même avec quelques nouveautés…
« Nous avons désormais une personne qui s’occupe à temps plein de la bibliothèque, le CDI. Dans l’internat aussi, les groupes ont changé dans les chambres.
L’objectif de l’année est d’abord de continuer d’améliorer le projet personnel des enfants. Et surtout de renforcer l’accompagnement familial. Ce n’est pas facile pour les parents d’accepter le diagnostic de leur enfant. Ils peuvent être perdus au niveau du projet professionnel de l’élève ».
Depuis une soixantaine d’années, la langue des signes française connaît une expansion. Des stages sont organisés aux quatre coins de la France. Les éducateurs et professionnels de la surdité s’en réjouissent.

Regard sur la surdité

« La surdité est un handicap qui ne fait pas peur. À Nogent, ils sont très bien acceptés et ils ne ressentent pas de discrimination. Même si vouloir communiquer avec un enfant sourd demande un effort et des réflexes. C’est tout de même la rupture de la langue. Si vous demandez à un sourd, il vous dira que ce n’est pas un handicap. C’est une autre langue, une autre culture pour eux. Heureusement, il y a un engouement des entendants pour la langue des signes française (LSF). Plus ce sera démocratisé, moins la barrière de la langue sera présente », explique la directrice adjointe

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