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Lucie Vaugeois fait entendre la voix des sourds

Lucie Vaugeois a fait appel à un webmaster pour dynamiser le site de l’association.

Ils font la Mayenne. Lucie Vaugeois est présidente de l’Association des sourds de Laval et de la Mayenne. À 27 ans, elle met toute son énergie à démocratiser la langue des signes auprès des Mayennais.Portrait

Ses yeux noisette ne vous quittent pas. Normal, Lucie Vaugeois lit sur les lèvres. Sourde de naissance, cette jeune femme dynamique est la présidente de l’Association des sourds de Laval et de la Mayenne (ASLM 53). À 27 ans, cette Lavalloise pur jus s’est donnée pour mission de sensibiliser les Mayennais aux difficultés que rencontrent la plupart des sourds. « Cela fait deux ans que je suis présidente de l’ASLM 53 et j’ai plein d’idées ! Mais il faut du temps avant que les choses n’aboutissent… »

Laval et tout le département sont loin d’être à la pointe en matière de langue des signes (LSF). À tel point que trouver un formateur en LSF n’a pas été évident ! « Finalement, c’est mon frère qui a été choisi. On n’arrivait pas en trouver, il n’y a pas d’interprète professionnel en Mayenne. Et mon frère, qui est sourd de naissance comme moi, n’arrivait pas à trouver du travail dans sa branche, le conseil en architecture. »

Lucie et son frère sont tous les deux sourds mais leurs parents sont entendants. Un problème génétique. Un choc pour le couple lorsqu’il découvre que leur petite fille de 9 mois n’entend pas. « J’ai été appareillée à 11 mois. Et encore, moi, j’arrive à lire sur les lèvres grâce à des heures et des heures de séances d’orthophonie. »

C’est ce qui fait la différence. Lucie, elle, répond normalement aux questions. Seul hic : elle ne doit pas lâcher les lèvres de son interlocuteur. Une mission carrément impossible s’ils sont plusieurs.

La pénurie d’interprètes n’est pas spécifique à la Mayenne. C’est bien ce qui motive Lucie. « Cette langue n’est officiellement reconnue que depuis 2005. C’est pour cela qu’on s’est battu avec l’association pour pouvoir proposer des cours à un collège de Laval, un autre de Craon plus un lycée d’Évron. Si tout le monde avait une base, ce serait tellement plus facile ! »

Pas de films sous-titrés à Laval

C’est vrai que demander de l’aide à tout bout de champ fait sentir un douloureux manque d’intimité. « Je dois demander à mes parents pour prendre des rendez-vous, ou carrément me déplacer À l’école, j’avais un preneur de notes pour pouvoir suivre ce que disait le prof au tableau. » Dépendre des autres, c’est fatigant autant que dévalorisant. Lucie Vaugeois voudrait redonner aux sourds le goût de vivre « presque » comme les autres. « Quand on pense qu’on ne peut même pas aller au cinéma à Laval, faute de films sous-titrés. Sauf au mois de mars, pour le festival organisé par Atmosphères 53. Du coup, je dois aller à Rennes ! »

« Nous avons aussi proposé des ateliers de sensibilisation à la LSF aux écoles primaires mais on n’a eu aucune réponse »

Ce manque d’intérêt pour sa cause ne la démotive pas pour autant. « C’est une situation parfois difficile mais je ne suis pas malheureuse ! » insiste-t-elle. En organisant des soirées Halloween, un café des signes, des séances de laser game, des tournois de badminton et des randonnées, la jeune femme compte bien mobiliser la jeune génération. « Mon rêve, c’est que tout le monde apprenne la langue des signes. Mais je sais bien que c’est une utopie »

Site internet de l’ASLM53 : aslm53.org

Source : www.ouest-france.fr © 4 Novembre 2012

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