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Spécial : La maison des cauchemars > La maison de leurs rêves devient un vrai cauchemar

Depuis que la justice a autorisé la destruction de la maison jugée dangereuse, puis sa reconstruction, Philippe Le Goff a commencé les travaux, seul.

Migné-Auxances. Victime d’un entrepreneur, une famille de sourds doit détruire la maison de ses rêves. L’expert la juge dangereuse.

Elle n’a jamais si bien porté son nom. La “ Maison des cauchemars ” était d’abord un rêve. Un rêve de vieilles pierres aux poutres apparentes au bord de l’eau, à Migné-Auxances, près de Poitiers.

Le rêve ne s’est jamais concrétisé. Et le cauchemar n’en finit pas de durer. Il y a un an et demi, nous vous révélions le drame vécu par Philippe et Nelly Le Goff.

Ils réclament 154.378 € pour tout reconstruire

Après avoir cherché de l’aide auprès d’émissions spécialisées dans la reconstruction comme “ Tous ensemble ”, c’est finalement M6 qui a tourné durant des mois un reportage sur le combat du couple. Il doit être diffusé le 4 novembre prochain dans l’émission Zone interdite (1).
Arrivés de leur Bretagne natale en 2009 pour permettre à leurs fils, également sourd, de profiter des cours renommés d’une école de Poitiers, ils trouvent une maison à retaper. Une connaissance de la mère de Philippe, entrepreneur en Bretagne, se sent capable de rénover la maison loin de sa base.
Les travaux démarrent en avril 2010. Mais des malfaçons hallucinantes apparaissent. Elles sont dignes d’un amateur : la charpente ne va pas jusqu’aux murs, les fenêtres ne sont pas à niveau, la dalle du rez-de-chaussée est à refaire, celle du premier menace de s’effondrer, les poutres sont mal coupées et rattrapées par des rajouts…

“ Trop dangereuse ”

La maison est trop dangereuse pour être habitée. La famille, qui doit s’agrandir en mars avec l’arrivée d’une deuxième enfant, se tasse dans des conditions précaires dans la maison attenante.
La justice a bien été saisie, mais les procédures avancent très lentement. En décembre dernier, l’expert mandaté par le tribunal de grande instance de Quimper a rendu son avis. Il est cinglant.
« On voit bien que c’est l’ensemble qu’il faut démolir et reconstruire selon les règles de l’art. Il en est de même des charpentes et de la toiture qu’il faut reprendre dans leur intégralité », écrit l’expert qui étrille les bricolages de l’entrepreneur breton.
Pour lui, la maison actuelle est dangereuse. Il faut détruire pour tout reprendre de zéro. Il chiffre deux hypothèses à hauteur de 127.000 € et 154.378 €
Un chiffre colossal pour la famille qui a engagé une procédure devant la justice afin d’obtenir réparation. Elle réclame au patron de Tradi Kelt et à sa femme le paiement des travaux de reprise, une indemnité de logement de 24.000 € et 10.000 € de préjudice moral (2).
A ce jour, la procédure civile n’est toujours pas arrivée devant la justice. Une audience est prévue le 15 janvier prochain devant le tribunal de grande instance de Quimper.

Quelle issue ?

Une plainte a aussi été déposée, en avril dernier, auprès du procureur de la République de Quimper notamment pour faux et usage de faux.
En attendant, la famille doit continuer à vivre comme elle le peut. Cahin-caha. Depuis que la justice l’a autorisé, fin juin, Philippe et Nelly ont commencé à détruire seuls les travaux pour lesquels ils s’étaient endettés. La maison n’a plus de toit. L’eau s’y infiltre. Et rien ne permet de dire quand pourront commencer les travaux de reconstruction.
Il faut de l’argent. Beaucoup d’argent. Et, pour le couple floué, même si la justice statuait en sa faveur, il faudrait encore pouvoir recouvrer la somme allouée.

(1) Dimanche 4 novembre à 20 h 50 sur M6 : « Construire ou rénover sa maison : mon combat pour éviter les galères » (2) Ils contestent toute responsabilité.

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