Sourds : la ville prend la pole position

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Karine Boulard (à droite), coordinatrice du Pass à Saint-Quentin, et son Aide à la vie scolaire (AVS), Florine Soual, saluent d’un « bonjour » en langue des signes dans la salle aménagée à Condorcet.

Les enfants sourds ou malentendants bénéficient depuis la rentrée 2011 du Pass, seule structure renforcée du département.

Le Pôle d’accompagnement pour la scolarisation des élèves sourds (Pass) de Saint-Quentin entame sa deuxième rentrée scolaire. Son objectif : concentrer sur un secteur les moyens et dispositifs d’aide à l’inclusion de l’élève sourd dans un milieu scolaire normal et l’aider dans son projet d’avenir, quel que soit son mode de communication. Langue des signes ou méthode orale (lui faire dire des mots qu’il n’entend pas), à chacun sa façon de s’exprimer.
Karine Boulard, médiatrice du Pass depuis cette année, explique très clairement la plus-value de la structure : « Les élèves peuvent bénéficier d’un enseignement de langue des signes (LDS) et en langue des signes. Il y a déjà des pôles créés souvent par ville mais qui n’assurent pas cet enseignement. »
La distinction est très importante. Les élèves vont être admis dans un cursus scolaire normal et bénéficieront d’heures supplémentaires pour se perfectionner en LDS, soit en révisant une leçon, soit en bénéficiant d’un renforcement de l’enseignement du français – car il est souvent nécessaire d’adapter le cours écrit – officié par le professeur spécialisé.
Au lycée, les élèves entendants ont la possibilité d’apprendre à leur tour la LDS.

Pass-Partout

Le Pass s’ouvre donc aux jeunes dès leur entrée en maternelle.
Karine Boulard a reçu la tâche de superviser l’équipe de l’Éducation nationale mise en place, tout en s’occupant des trois lycées de la ville (Condorcet, Jean-Bouin et le lycée d’aménagement), où sont scolarisés 4 des 12 malentendants et sourds qui ont adhéré au Pass de l’Aisne. Mme Lejeune au collège Hannoteaux, Mme Camus à l’école Bachy, et la professeur de langue des signes, Mme Gaffrezic, font partie de cette aventure.
Les missions de la coordinatrice ? Gérer la mise en place des cours de langue des signes, s’occuper des difficultés administratives, organiser les réunions des professeurs, mettre en relation tous les acteurs qui gravitent autour des étudiants sourds et malentendants.
« Selon les besoins de l’élève, il faudra adapter les cours, les réexpliquer, lui proposer un certain nombre d’heures d’apprentissage de langue des signes, etc. »
Florine Soual, aide à la vie scolaire (AVS) et bras droit de Karine Boulard, aura quant à elle vocation à suivre l’élève pendant le cours et l’assister s’il en exprime la nécessité : « Nous visons pour eux une réelle autonomie. Le but est donc de les aider le moins possible mais nous sommes un point de chute en cas de problème », souligne-t-elle.
Karine et Florine espèrent être efficaces et répondre aux spécificités des élèves d’ici quinze jours, le temps qu’ils prennent leurs marques.

Pass, un passage optionnel

La structure d’accueil pour l’autonomie des élèves est ouverte aux parents. Eux seuls prennent la décision d’intégrer ou non leur enfant. « Si l’élève ne fait pas partie du Pass, il sera scolarisé dans son village et le professeur de la classe recevra des visites conseil de la part d’un itinérant s’il le désire », fait remarquer Karine Boulard, elle-même une ancienne enseignante itinérante sur le secteur Laon-Thierache.
Les deux femmes tiennent particulièrement à préciser que le Pass ne va pas isoler les sourds entre eux. Au contraire, il va les intégrer aux autres. Ils auront un suivi au plus près et rencontreront des individus privés eux aussi d’un de leurs cinq sens, l’ouïe. « Ce n’est pas une classe, c’est un dispositif », assurent-elles en évoquant la pièce qui leur a été fournie pour assurer les prises en charge.

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