La main des sourds

Des élèves en panne de transport

«Notre fille a besoin de ce suivi spécialisé. À 5ans, elle passe près de deux heures dans les transports pour aller à l'école», expliquent Sophie et Bernard Chirat, parents de la petite Louna.
«Notre fille a besoin de ce suivi spécialisé. À 5ans, elle passe près de deux heures dans les transports pour aller à l‘école», expliquent Sophie et Bernard Chirat, parents de la petite Louna.

Les parents de 33 élèves, sourds et malentendants, sont inquiets de voir le Département les priver d’une dotation exceptionnelle qui assurait jusqu’alors le trajet de la maison à l’école.

350 000 euros, c’est la somme que doit trouver le centre Rabelais d’Agnetz, l’an prochain, pour financer le transport du domicile vers l’école de 33 élèves sourds et malentendants.

«Cela représente un cinquième de notre budget. Une somme considérable qui peut à terme menacer le fonctionnement de notre établissement», assure Vincent Vecten, administrateur de ce centre médico-social, spécialisé dans l’accueil et les soins pour enfants déficients auditifs dans l’Oise.

Le seul dans le département capable de proposer une prise en charge adaptée, selon les professionnels qui y exercent.

Jusqu’alors, c’est le conseil général qui prenait en charge financièrement cette charge qui n’est certes pas dans son domaine de compétence.

Au printemps dernier, le Département a décidé d’y mettre un terme. C’est la fin de douze ans de dotation exceptionnelle pour ces élèves qui ont besoin d’une attention particulière.

Qui paiera le transport l’an prochain?

«On a été prévenus par le centre en mai dernier. Depuis, l’établissement a trouvé une solution pour assurer le trajet jusqu’à la fin de l’année, mais qu’en sera-t-il l’an prochain?» s’interroge Sophie Chirat, maman d’une petite Louna, originaire de Cempuis.

En effet, l’État a accordé une rallonge de 125000 euros à cet établissement médico-social, dont il a normalement la charge, pour payer le transport jusqu’aux écoles spécialisées.

Résultat: un nouvel appel d’offres auprès des sociétés de taxi, de nouveaux itinéraires souvent plus longs. Les enfants passent parfois deux heures dans les transports – aller et retour – pour se rendre en classe. «Nous avons conscience qu’il faut faire des économies. Mais jusqu’où? C’est le développement de nos enfants qui est en jeu», ajoute cette mère inquiète.

Durant l’été, les parents des enfants concernés ont fait circuler une pétition afin d’alerter élus et pouvoirs publics. En cette semaine de rentrée scolaire, ces derniers la font de nouveau tourner. La direction de l’établissement a sollicité des rendez-vous avec le conseil général.

«Mon fils a 6ans, il fait d’énormes progrès grâce au centre Rabelais. Cela passe aussi par une prise en charge par le transport pour que les enfants évoluent et passent ensuite dans le cursus normal sans être assistés toute leur vie par la société. Mais, sans les transports, un des deux parents sera obligé de ne plus travailler pour conduire son enfant à l’école », explique Élisabeth Lanfrey, maman de Paul, originaire de Crèvecœur-le-Grand, scolarisé à Clermont.

«Je croyais que l’éducation était une priorité. Quand il y a des choix à faire, c’est dommage de sacrifier une part infime de son budget surtout quand il concerne les enfants.»

Source : http://www.courrier-picard.fr © 6 Septembre 2012 à Oise

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