La main des sourds

Québec autorise un recours collectif

Des manifestants devant la congrégation des Clercs de Saint-Viateur.

La Cour supérieure du Québec a autorisé un recours collectif contre les Clercs de Saint-Viateur et l’Institut Raymond-Dewar, où plus d’une quinzaine d’enfants auraient été victimes d’agressions sexuelles entre 1940 et 1982.

La congrégation des Clercs de Saint-Viateur gérait à cette époque cet établissement qui accueillait des enfants sourds et muets.

«Le recours collectif est probablement le seul véhicule pour permettre aux personnes avec très peu de ressources (financières et autres), et avec des handicaps sérieux qui auraient pu être victimes d’actes d’agressions sexuelles pendant des années dans une institution scolaire, d’avoir la chance de faire valoir leurs droits devant les tribunaux», a expliqué la juge Eva Petras, dans sa décision.

Huit agresseurs différents

Serge D’Arcy, qui agit à titre de «personne désignée» pour ce recours, a fréquenté cet institut de 1964 à 1972. Il aurait été abusé à plusieurs reprises dès l’âge de neuf ans. En tout, il aurait eu huit agresseurs, soit six religieux, un professeur et un employé chargé de l’entretien ménager.

M. D’Arcy aurait évoqué ses problèmes au psychologue de l’établissement à l’époque, mais celui-ci n’aurait rien fait.

Il a longtemps attendu avant d’intenter une action juridique, puisque les sévices dont il aurait été victime l’auraient traumatisé à un point tel qu’il aurait souffert de nombreuses séquelles psychologiques et d’isolement dans les années suivant les événements.

C’est finalement en 2010, alors qu’un ancien camarade de classe lui a appris qu’il avait lui aussi été victime d’agressions sexuelles, que M. D’Arcy a décidé de passer à l’acte.

Au moins 15 victimes

Pas moins de 34 agresseurs ont été identifiés dans cette requête. Parmi ceux-ci, on compte 28 religieux et six laïcs.

Jusqu’à présent, 15 victimes demandent un dédommagement de 100 000 $ chacune. D’autres pourraient toutefois s’ajouter.

Durant la période visée par le recours collectif, près de 280 enfants auraient fréquenté l’établissement, dont la majorité était des pensionnaires. M. D’Arcy estime qu’il y aurait plus d’une centaine de victimes, réparties à travers le Québec.

Source : http://www.journaldemontreal.com © 28 Mars 2012 à Montrél

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