Douze mois de prison ferme pour le pédophile, sourd et muet, qui traquait sur Internet

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Jeudi après-midi, un pédophile arrageois, sourd et muet, était poursuivi, notamment pour détention d’images de mineurs présentant un caractère pornographique et des propositions sexuelles faites à des mineurs via une messagerie.

Dès août 2009, une mère de famille de Calais surprend une discussion de son fils de treize ans avec un certain Jean-Pierre, quatorze ans, via un site de messagerie instantanée.

Des questions banales dans un premier temps, qui dérivent rapidement sur ses goûts sexuels et une question : « Aimes-tu les hommes ?

» La maman demande à voir ce fameux Jean-Pierre par la webcam. Il refuse.

Elle demande alors à son compagnon de se faire passer pour Valentin, 14 ans. Il prend contact avec Jean-Pierre. Le dialogue tourne vite vers les actes sexuels : « Tu bandes ? Combien mesures ton sexe ? Veux-tu que je te sodomise ? As-tu éjaculé ? » La mère de famille porte plainte.

Par l’intermédiaire du fournisseur d’accès à Internet, et grâce à l’adresse IP de l’ordinateur, les gendarmes remontent jusqu’à Jean-Pierre Bailly.

Un Arrageois, âgé de 51 ans, sourd et muet. Il connaît sa première garde à vue en 2011.

Chez lui, les gendarmes trouvent, sur le disque dur de son ordinateur et des clés USB, des centaines de photos de mineurs téléchargées sur Internet, et l’historique de nombreuses conversations avec ses 1 203 contacts de messagerie (dont 10 % d’adolescents). Ainsi qu’une pochette, uniquement avec des sexes de petits garçons.

« Savez-vous qu’il est interdit de télécharger ce genre d’images ? » demande la présidente du tribunal. «  Oui. Mais je prenais du plaisir. J’ai voulu passer à l’acte. Je ne l’ai jamais fait car je sais que c’est interdit », se fait-il comprendre.

Jean-Pierre Bailly est fonctionnaire à la ville. Il a longtemps travaillé comme agent d’entretien dans une piscine arrageoise. « Jamais rien d’anormal n’a été déclaré auprès de jeunes enfants », confie le directeur de la piscine lors de son entretien avec les gendarmes. Après l’éclatement de cette affaire, Jean-Pierre Bailly change d’affectation.

Devant le tribunal, il ne semble pas comprendre la gravité de ces faits, même virtuels. L’interprète en langage des signes lui traduit, devant le tribunal, tous les actes sexuels dont il parlait crûment lors de ses conversations sur la messagerie instantanée.

En 2012, une nouvelle perquisition a lieu à son domicile. Sur un nouvel ordinateur, deux cents images téléchargées sont retrouvées ainsi que plus de cent nouvelles conversations autour du sexe.

« C’est uneréalité sordide ! »

« Vous pensez que les enfants sourient sur ces photos car ils sont contents ? Derrière ces images, il y a un adulte qui les force à sourire, qui filme. Aucun enfant de cinq ans ne peut être consentant à ce genre d’actes sexuels, s’exclame la substitut du procureur Brunet.

Pour vous, votre dangerosité reste virtuelle, mais vous êtes dangereux. C’est une réalité sordide qu’il faut punir. » Dès 2011, il reconnaît tous les faits et leurs caractères transgressifs, et accepte même l’éventualité d’une castration chimique. « Il a une déviance pédophile de la sexualité depuis ses 18 ans », selon un expert. « Le problème, c’est que depuis un an, il n’a entrepris aucune démarche pour se soigner », constate la substitut du procureur Brunet.

« C’est inquiétant », ajoute la présidente du tribunal. À la retraite dans moins de douze mois, Jean-Pierre Bailly a été condamné à vingt-quatre mois de prison dont douze avec sursis. Inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS), il devra obligatoirement suivre des soins et a l’interdiction d’entrer en contact avec des mineurs.

Source : http://www.lavoixdunord.fr © 21 Avril 2012 à Arras

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