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Hauts de Seine Habitat

Pour aider son collègue, il apprend le langage des signes

 

L’histoire

Ghyslain Godeffroy et Daniel Ollivier sont tous les deux employés au service de ramassage des ordures ménagères de la communauté de communes de la région de Blain. Ils font équipe tous les deux comme « rippeurs ». C’est le nom donné aux techniciens qui, à l’arrière de la benne à ordures, manipulent et vident les poubelles dans le camion. Jusque-là, rien d’extraordinaire, si ce n’est que Daniel Ollivier est sourd-muet ! Son travail assuré comme n’importe quel employé l’amène, les yeux toujours en éveil, à traverser les rues et jongler avec la circulation, en permanence. C’est pour l’aider et communiquer avec lui que Ghyslain, son camarade de travail, s’est mis en tête d’apprendre le langage des signes.

« Dans mon précédent métier de couvreur, j’avais déjà été confronté par le hasard du travail à une personne sourde, dans des conditions particulières. Nous étions tous les deux sur le toit de la Cathédrale de Nantes, après l’incendie, et je tentais vainement de lui parler, ignorant son handicap, criant un peu plus fort, persuadé que tout simplement il ne m’entendait pas, confie Ghyslain. Cet épisode m’avait interpellé sur l’intérêt d’apprendre leur langage. Aussi, lorsque j’ai intégré le service il y a cinq ans et que j’ai fait la connaissance de Daniel, j’ai décidé de franchir le pas. »

Mais « signer » ne s’apprend pas en quelques heures ! Ghyslain Godeffroy a pu bénéficier d’un détachement de huit mois, dans le cadre du plan de formation de la collectivité. Puis ensuite, comme toute pratique d’une langue qui n’est celle de notre enfance, il faut pratiquer et pratiquer encore ! « Outre la conversation que je tiens dans la journée avec Daniel, je m’exerce matin et soir. Il faut effectivement que ce soit une passion », confie notre homme.

Aujourd’hui sur les 3 200 mots que compte le langage des signes, Ghyslain en connaît 2 500 « On considère qu’à partir de 800 mots, on est en mesure de tenir une conversation avec un malentendant ». Quant à Daniel Ollivier, le principal intéressé, il nous a fait savoir, par le biais de son interprète, « que ça lui permet de mieux comprendre certaines consignes et c’est un complément relationnel agréable ».

Source : http://www.ouest-france.fr © 16 Juin 2012 à Blain

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