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Laëtitia chantera avec Chel… en langue des signes

La complice de l’artiste navigue de spectacle en spectacle depuis dix ans. D’une simple traduction au départ, elle a glissé vers l’interprétation. Une véritable démarche artistique.

Entretien

Laëtitia Tual, artiste en langue des signes.

Qui êtes-vous ?

Je suis chanteuse et interface langue des signes spécialisée dans la culture et les arts, depuis une dizaine d’années. Au début, je traduisais uniquement des spectacles. Puis le public m’a fait savoir que ce que je faisais se rapprochait plus d’une représentation artistique. J’avais glissé vers l’interprétation.

Vous étiez alors devenue une véritable artiste ?

Oui. Maintenant je suis intermittente et je demande à être déclarée en tant que chanteuse. La chanson signée, peu présente en France, est déjà connue aux États-Unis, en Finlande, en Espagne… Je fais partie d’une association à Nantes qui se pose la question suivante : comment permet-on à tous les citoyens de venir voir un spectacle ? Beaucoup de choses peuvent être accessibles aux sourds sans trop d’aménagements.

À quoi ressemble votre collaboration avec Chel ?

Je fais de la chanson signée avec Chel depuis deux ans pour Bazar Bizarre. Je traduis les petites transitions. Pour le reste, on veut garder une marge de liberté et être ouverts aux réactions. Chel chante, moi aussi, mais en langue des signes. C’est la même chose sauf que cela émet moins de sons (rires).

Comment peut-on interpréter la musique en langue des signes ?

Comme dans n’importe quelle langue, sauf que j’utilise des références de la culture sourde. À moi d’essayer des jeux visuels pour remplacer les jeux de sons. Il ne faut jamais réfléchir avec une tête d’entendant. Je le fais avec la danse, le langage corporel : des ondulations, de la légèreté, de la rythmique…

Comment vous êtes-vous intéressée à cette culture ?

Je suis issue d’une famille d’artistes, je faisais de la musique. Puis à l’adolescence, j’ai eu envie de silence. Je suis tombée sur le livre Le cri de la mouette, d’Emmanuelle Laborit. J’ai suivi un stage de langue des signes, et là ça a été magique : je découvrais la libre expression. Car on peut tout faire, créer sans cesse et être compris par son interlocuteur.

Source : http://www.ouest-france.fr © 9 Juin 2012 à Flers

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