Candidat dans la langue des signes

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Sadik Cassim est sourd. Il se présente aux législatives à Châtellerault-Loudun, sous les couleurs de Debout la République.

Un appartement de la plaine d’Ozon, à Châtellerault. Sadik Cassim ouvre la porte. Le ton est avenant, le sourire bienveillant. Il dit bonjour en langage des signes. « Attendez, je mets ma prothèse [auditive] et je suis à vous. J’entendrais mieux ce que vous dites tout en lisant sur vos lèves. Il faut que je m’adapte aussi à votre voix. »
Les 10 et 17 juin prochains, ce sont d’autres voix que Sadik Cassim sollicitera. Celles des électeurs. Agé de 38 ans, ce père de famille (il a trois filles), né à Saïgon, se présente dans la 4e circonscription de la Vienne (Châtellerault-Loudun).

«  Je suis une personne différente mais avec des atouts  »
Il veut faire du handicap une force, un thème de campagne. « Je suis un citoyen français et un militant de la cause du handicap, insiste ce consultant en formation professionnelle pour sourds et malentendants. Certes, je suis une personne différente mais avec des atouts. Je suis une personne sourde mais qui s’exprime autant à l’oral qu’en langue des signes. Pour la première fois, une personne ayant un handicap se présente en tant que candidat à une élection législative. »

«  Pourquoi pas être ministre du handicap ?  »

Sous l’étiquette non pas PS ni UMP mais… Debout la République. Le parti politique de Nicolas Dupont-Aignan. Son mentor. « NDA est un homme droit et honnête. C’est un homme d’action avec des idées intelligentes. J’ai pu le rencontrer et lui proposer ma vision politique du handicap : 100 % d’accessibilité dans la vie de tous les jours pour les personnes différentes et un quota de 50 % de parité dans la vie politique. »
Son identité citoyenne s’est affirmée quand « [j’ai] pris conscience que je suis et serai toujours un citoyen sourd » dans le regard de l’autre. Sa conscience politique s’est éveillée quand « [j’ai] pris connaissance de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances ». « Cette loi est très importante pour moi et la communauté des sourds. Pour la fortifier, je veux être au-devant de la scène pour agir. Depuis, je suis devenu militant politique et je vote avec conviction. »
Et des convictions en forme de prédictions, Sadik Cassim en a au moins une. « Je serai au-delà de 70 % et je serai élu. » Sérieux ? « C’est ma manière à moi de rester optimiste et d’ouvrir une brèche dans ces élections. Mon projet est d’aller plus loin dans la vie politique et pourquoi pas être nommé ministre du Handicap. » Sadik Cassim, candidat dans la langue des signes.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 1 Juin 2012 à Poitiers

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