La main des sourds

La Rochelle : l’école fait entendre sa voix

Gauche : Alexis Estève

Profs et parents de l’école Beauregard, à La Rochelle, conservent la classe menacée de fermeture.

Il y avait de la joie sur les visages, hier après-midi, à la sortie des classes de l’école Beauregard. On la lisait dans les yeux des enfants et ceux des parents, dans ceux des enseignants et ceux des élus venus apporter leur soutien « à la cause ».

Au lieu de s’égailler sitôt la fin des cours, les écoliers ont joué les prolongations devant l’établissement, courant et dansant autour de la table improvisée, sur laquelle les attendaient brioche et jus d’orange. En quel honneur, ce pot en plein air ? En l’honneur de la victoire remportée « au finish » sur la machine administrative. La bonne nouvelle est en effet tombée jeudi soir à 19 heures : l’une des huit classes de l’école rochelaise, que l’inspection académique voulait supprimer, restera ouverte.

Accueil des élèves sourds

Pour l’équipe pédagogique comme pour les parents concernés, c’est l’aboutissement d’un combat qui a reçu un soutien d’autant plus large qu’il est amplement justifié. Le groupe scolaire de Beauregard a la particularité d’accueillir des élèves sourds et malentendants. Ils sont huit actuellement, quatre intégrés dans une CLIS (classe d’intégration scolaire), quatre avec leurs camarades « normaux ». Et l’école comptera un malentendant de plus à la rentrée de septembre 2012.

Pour que ces petits handicapés puissent s’épanouir et progresser, les classes qui les accueillent ont des effectifs limités. Or, si la fermeture annoncée avait été maintenue, il n’y avait pas 36 solutions : soit ils intégraient des classes de 25 élèves – où ils auraient été isolés -, soit les autres classes passaient à 30 élèves. Dans un cas comme dans l’autre, les écoliers de Beauregard étaient pénalisés.

Ensemble

Mais les parents ayant multiplié les actions de protestations – pétition, communication, occupation de l’école – n’ont pas tardé à recevoir le renfort de voisins, de familles et d’enseignants d’autres écoles, ainsi que celui d’élus, et non des moindres. Dans l’ordre : Maxime Bono, le maire de La Rochelle, puis Ségolène Royal, la présidente de Région, et enfin Dominique Bussereau, président du Conseil général.

« Nous sommes complémentaires, ensemble nous avons gagné », a déclaré Patrice Seyler (parents d’élèves FCPE) à la fin de son discours, hier soir. Un discours traduit simultanément en langue des signes par Sophie Poriel, mère d’un enfant de 6 ans, malentendant et scolarisé à Beauregard depuis trois ans. Sur les affichettes posées à la hâte, hier, devant l’école, on pouvait lire, en grosses lettres : « Merci ».

Source : http://www.sudouest.fr Photo : A.Estève© 7 Avril 2012 à La Rochelle

1 commentaire
  1. sylvie dit

    bonne nouvelle pour la Rochelle!!!,espèrons que pour Champs de Marne,la lutte serait victorieuse également!…vu le peu nombre de classes bilingues pour les enfants sourds,par humanité,on ne devrait pas avoir le droit de supprimer ces précieuses classes!.

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