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Un jeune enfant sourd décède suite à une noyade

Montmorillon (Vienne). Pocé-sur-Cisse (Indre-et-Loire) La mère de David, décédé des suites de la noyade à la piscine va déposer plainte. Elle veut que les responsabilités soient établies.

Le garçon de dix ans victime d’une noyade le mercredi 4 avril à la piscine de Montmorillon est décédé jeudi au Centre hospitalier de Poitiers.

David était originaire de Pocé-sur-Cisse, en Indre-et-Loire. Sa mère a indiqué hier son intention de déposer une plainte visant l’éducateur et l’Institution régionale des jeunes sourds (1), où son fils était scolarisé depuis la rentrée des vacances de février :« Porter plainte n’enlèvera pas notre souffrance [David avait trois sœurs et un frère]. Mon fils est mort après une semaine à l’hôpital. Il a une petite sœur de huit ans qui ne comprend pas ce qui se passe. Je veux que ceux qui n’ont pas fait leur travail paient. L’éducateur a été suspendu trois mois. Pour moi, ce n’est pas suffisant. »
Nathalie Ligneul attend que la lumière soit faite sur les responsabilités : « Comment mon fils a-t-il pu se noyer alors qu’il y avait quatre éducateurs de son établissement, trois maîtres nageurs, les enfants d’autres écoles avec leurs éducateurs ? D’après les médecins, il est resté plus de trois minutes sous l’eau. »

” Il n’a pas pu enlever la ceinture seul “

Plus d’une semaine après, elle ne connaît pas les circonstances exactes de l’accident :« Je ne sais toujours pas précisément ce qui s’est passé. L’éducateur a enlevé les ceintures de flottaison des deux enfants dont il avait la charge, pour les emmener vers les douches. Le mien ne l’a pas suivi. Il ne voulait peut-être pas s’en aller, c’est possible, et il est retourné dans l’eau. Mais pourquoi l’éducateur a-t-il suivi l’autre enfant dans les vestiaires, sans se demander où était parti David ? »
David allait fêter ses 11 ans dans un mois. La surdité, les troubles de la parole, la paraplégie de la main gauche et de la jambe droite étaient les séquelles d’une méningite foudroyante contractée à l’âge de treize mois.
La mère refuse qu’on rejette la faute sur son fils, qui comprenait le langage des signes mais s’exprimait difficilement : « Il n’a pas pu enlever la ceinture seul, à cause de sa main gauche. Il adorait l’eau mais ne pouvait pas se rendre compte du danger. Il n’en était pas capable. »

(1) Il n’a pas été possible de joindre la direction de l’établissement hier.

à suivre

Un enregistrement vidéo

Une autopsie a été pratiquée hier matin, dans le cadre de l’enquête de gendarmerie ouverte le jour de l’accident. Ces investigations sont désormais menées sous la direction d’un juge d’instruction. L’information judiciaire ouverte pour blessures involontaires le week-end dernier sera requalifiée en homicide involontaire a indiqué hier soir le parquet.
Les enquêteurs avaient entendu les éducateurs et maîtres-nageurs présents dans la piscine dès le soir du drame. Ils disposent en outre de l’enregistrement des caméras de vidéosurveillance de l’établissement.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 14 Avril 2012 à Poitiers

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