La main des sourds

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi avoir travaillé autour d’une recommandation intitulée « Surdité de l’enfant : accompagnement des familles et suivi de l’enfant de 0 à 6 ans » ?

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Surdité de l’enfant, que proposer avant l’âge de 6 ans ?

Joelle André-Vert, Chef de projet du Service des bonnes pratiques professionnelles

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi avoir travailautour d’une recommandation intitulée « Surdité de l’enfant : accompagnement des familles et suivi de l’enfant de 0 à 6 ans » ?

La surdité permanente et bilatérale peut entraîner des retards importants d’acquisition du langage si l’environnement de l’enfant n’est pas adapté très précocement à ses besoins particuliers.

Un groupe de travail constitué de professionnels sourds et entendants, et de représentants des enfants sourds a donc élaboré ces recommandations en vue de répondre à l’un des objectifs de la loi de santé publique du 9 août 2004. Cette loi stipule que l’on doit assurer « une prise en charge précoce de l’ensemble des atteintes sensorielles de l’enfant ».

Avant tout, l’objectif principal de ces recommandations est de favoriser le développement du langage de l’enfant sourd au sein de sa famille, quelles que soient la ou les langues utilisées, le français et/ou la langue des signes française (LSF).

Avant l’âge d’un an, il est recommandé de proposer un programme d’intervention précoce à tout enfant sourd et à sa famille, afin de maintenir et développer dès la première année toutes formes de communication entre l’enfant et son entourage, sachant que plus de 90 % des parents d’enfants sourds sont entendants.

Il est essentiel d’adapter ce programme aux besoins particuliers de l’enfant et au projet éducatif choisi par ses parents. En effet, « dans l’éducation et le parcours scolaire des jeunes sourds, la liberté de choix entre une communication bilingue, langue des signes et langue française, et une communication en langue française est de droit » comme le stipule la loi du 11 février 2005.

En l’état actuel des connaissances, et en l’absence de consensus entre les acteurs, il n’est pas possible, pour les enfants ayant un seuil auditif > 70 dB HL, de recommander un type de programme d’intervention précoce plutôt qu’un autre. C’est pourquoi, nous avons fait le choix de décrire ce qui est recommandé pour chacune des approches possibles. Il existe deux types d’approches précoces correspondant au choix éducatif des parents : l’approche audiophonatoire et l’approche visuogestuelle qui se distinguent fondamentalement sur le fait de stimuler ou non la voie auditive. L’éducation avec « communication bilingue » et donc l’apprentissage de la LSF peut s’envisager dans le cadre des deux approches. Le préjugé selon lequel l’acquisition précoce de la LSF retarderait l’acquisition du français n’est pas scientifiquement validé.

Source : http://www.has-sante.fr © 3 Mars 2012

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