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Les sourds sortent peu à peu d’un monde de silence

Les films numériques permettent d’incruster des sous-titrages. Au Cinéville de Vannes, des films récents sont à l’affiche. Une petite révolution.

Fin de journée au Cinéville de Vannes. Il n’y a pas la foule des grands jours mais pour certains, c’est un grand jour.

Dans le hall, une vingtaine de personnes rient, font de grands gestes et des signes à une vitesse folle. Sourds et malentendants, ils trépignent d’impatience de voir La vérité si je mens 3.

Loïc et sa femme vont de temps à autre à La Garenne, l’autre cinéma de Vannes où sont programmés beaucoup de films sous-titrés, mais « souvent c’est un cinéma difficile ».

Là, place au divertissement et surtout avec un film récent. Comme pour Intouchables, le premier projeté au Cinéville. « Génial ! », raconte Jean-Louis qui a fait le déplacement avec femme et enfants. « Il en faudrait plus, dit le papa dont les petits assurent la traduction orale. Et pas la veille de reprendre l’école ! »

Le Cinéville de Vannes a été le premier grand cinéma à proposer des films sous-titrés adaptés aux sourds. Cédric Hervouët répond à la demande de l’association Faites leur un signe. « On a fait 217 entrées pour Intouchables. Il y a un public », constate le directeur.

Ça entre dans les moeurs

Avec l’arrivée des films numériques, « c‘est moins cher et plus facile à diffuser. Le catalogue s’enrichit. Ça entre dans les moeurs. » Comme pour certains programmes à la télévision dont le contenu est traduit par un interprète.

C’est l’heure. Chacun donne son ticket, se dirige vers la salle, prend place. Avec le sourire. Toujours. Et en papotant. Toujours.

Générique avec musique de fond. Un sous-titre tout rose s’affiche précisant : musique indienne. Richard Anconina parle : le résumé de ses paroles s’affiche, assez fidèle. Bruno Solo, répond. Même procédé. Quand deux acteurs conversent au téléphone, des couleurs différentes et des pointillés sont utilisés.

« Pour la musique, ils ressentent les vibrations », dit Maryvonne Ferrard qui oeuvre pour l’accès à la culture et aux loisirs via la fondation Préviadès. « Pour sortir de son isolement, rien de mieux que les loisirs. » Mieux, dit-on, que ces implants dans le cerveau « très invasifs, mutilants et pas forcément concluants » qui promettent les sons aux sourds. « Beaucoup de parents sourds ne font d’ailleurs pas ce choix pour leurs enfants. »

Dans la salle de cinéma, les blagues s’enchaînent comme les jeux de mots gras ou moins gras… Peu de rires dans la salle où ont aussi pris place des élèves de Gabriel-Deshayes d’Auray.

Clap de fin. Lumière. Sourires. Les commentaires fusent à la vitesse des mains. « Il est encore mieux que les deux autres », jugent Loïc et Jean-Louis.

Tous deux ne manquent pas une occasion de sortir. Ils vont au théâtre assister à des pièces de mimes ; aux cafés signes qui essaiment dans le département…

Ils aimeraient qu’il y ait plus d’occasion de sortir et de « faire des rencontres ». Ils analysent que « les loisirs se développent, pas le sport ». Loïc, adepte de course à pied, aimerait pratiquer d’autres activités « en équipe, entre sourds et entendants ».

Source : http://www.ouest-france.fr © 15 Mars 2012 à Vannes

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