Comment bien s’entendre avec les sourds ?

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Yves Malzard est sourd de naissance. Comme sa femme. Ils habitent Pleurtuit et ont trois enfants entendants. Il sera, samedi, l’un des invités de la journée organisée par Fais moi un signe, sur l’audisme.

Témoignage

Sourd de naissance, Yves Malzard est entré à l’âge de 2 ans dans une école spécialisée, à Fougères. Jusqu’à 16 ans, il y a appris la langue des signes et suivi des cours chez l’orthophoniste.

Ensuite, grâce à un appareillage, le jeune homme a pu mieux entendre. Mais « j’ai tout enlevé, car il y avait trop de bruit. Je préfère le calme et parler avec les mains. C’est moins fatiguant. »

C’est Odile Casu, secrétaire de l’association Fais moi un signe, et entendante, qui traduit. Yves Malzard pense justement que la langue des signes a fait évoluer la société vers moins de discriminations envers les sourds, vers moins d’« audisme ».

« Le terme englobe les discriminations vécues par les personnes sourdes ou malentendantes, dans le travail, en famille, en société, explique Cédric Le Gal, président de l’association, qui organise, demain, une journée sur le sujet. Pour autant, il n’est pas question de dire que les entendants excluent les sourds mais d’exposer la situation afin d’y réfléchir. »

Envie d’échanger

« Avant, les jeunes se moquaient parfois de nous. Aujourd’hui, quand ils voient quelqu’un signer, ils sont intrigués, ont envie d’apprendre et d’échanger », assure Yves Malzard. D’ailleurs, si un de ses trois enfants avait été sourd, il ne l’aurait pas appareillé. « Juste la langue des signes, et une école à Rennes pour qu’il puisse rentrer tous les soirs », dit celui qui a connu l’internat tout petit.

La Langue des signes française (LSF) est en effet un des fondements de la « culture sourde ». Cette langue a été créée entre 1760 et 1780 par l’abbé de l’Épée. Mais en 1880, les oralistes considèrent que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société. La LSF a été réautorisée en 1991, et reconnue en 2005, avec la loi du 11 février sur le handicap.

Yves Malzard, aujourd’hui, connaît peu de discriminations. À l’école, tout se passe bien avec les autres enfants, les maîtresses et les autres parents. « À la banque ou ailleurs, j’arrive à me faire comprendre, avec les gestes, l’écriture et quelques mots ».

Au travail

Les émissions en sous-titrage lui permettent de regarder la télévision. Et tous les soirs, il passe une heure sur internet. « L’ordinateur et les textos ont facilité la vie des sourds », poursuit Odile.

Il n’y a qu’au travail qu’Yves ressent de la discrimination. En cuisine à l’hôpital, il regrette de ne pas avoir toutes les informations et aimerait faire appel à une interprète lors de réunions importantes.

 

Samedi 17 mars, à la Maison de la famille, à Rocabey. De 9 h 30 à 12 h, conférence de Jennifer Marcus et Aliza M’sika, responsable des Jeunes sourds de France, accompagnés de deux interprètes. De 13 h 30 à 17 h 30, ateliers entre sourds et entendants sur les questions de lutte contre les discriminations. Tarifs : 6 € non adhérents, 3 € adhérents.

Source : http://www.ouest-france.fr © 16 Mars 2012 à Saint-Malo

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