Elle s’exprime en peinture et en langue des signes

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« La vache » dite en langue des signes par l'artiste Sandrine Laparlière.

Il faut se méfier des interprétations hâtives. Mais quand on demande à Sandrine Laparlière si elle a apprécié les gâteaux lors de sa première venue dans la ville, pas besoin d’interprète. Sa réponse en langue des signes, expression du visage aidant, permet vite de comprendre qu’ils n’étaient pas à son goût ! La quadragénaire qui vit à Buxerolles dans la Vienne, est à l’honneur pendant un mois à la Médiathèque. L’équipe a voulu s’associer à l’action de l’UPCP-Métive qui proposait samedi, son université populaire de printemps autour du thème « Cultures populaires et cultures sourdes ».

Initiations à la langue des signes

La Médiathèque a donc choisi de mettre à l’honneur une artiste sourde, en lui accordant son nouvel espace d’exposition à l’étage. Et l’inauguration samedi a permis de rencontrer une femme au tempérament battant, qui milite pour l’égalité sourds-entendants. D’ailleurs, ne lui dites pas « malentendant » pour faire politiquement correct, elle ne supporte pas. Sandrine Laparlière est sourde, assumée comme telle, et surtout pas muette non plus. Non, sa langue est autre, c’est la langue des signes. Une langue d’ailleurs tellement expressive que l’on détourne très vite le regard de l’interprète pour entrer en communication avec elle, même sans rien n’y connaître.
En langue des signes, Sandrine Laparlière explique qu’elle a suivi une formation d’infographiste, « ma première vraie passion », sans trouver d’emploi, ouvertement victime de discrimination. « Les employeurs ne sont pas ouverts au monde des sourds, ils ne sont pas réceptifs et redoutent des problèmes de communication ». Un argument auquel la Poitevine oppose des expériences pourtant heureuses : « Quand j’ai fait des stages, ça s’est très bien passé. Au début, l’interprète est là, mais ensuite, très vite, on se comprend pour la communication de base, chacun fait des efforts ». D’ailleurs : « Quand vous partez à l’étranger, comment vous faites ? On s’adapte et on se comprend ».
A défaut de trouver un emploi, Sandrine Laparlière s’adonne à son autre passion pour la peinture, dans des styles et techniques très variés comme chacun peut le constater à travers ses 17 tableaux exposés jusqu’au 28 avril.
A cette date de clôture (lire ci-dessous), la Médiathèque proposera des ateliers d’initiation à cette langue et des lectures traduites.

à suivre

> Exposition. A la Médiathèque jusqu’au 28 avril.
> Découverte langue des signes. Samedi 28 avril, journée spéciale à la Médiathèque.
> Ateliers d’initiation. De 10 h à 11 h 30, et de 14 h 30 à 16 h, avec l’association 2LPE (Deux langues pour une éducation). Gratuit mais sur réservation car places limitées : 05.49.94.90.42.
> Lecture. Trois contes pour enfants, traduits en langue des signes, à 17 h. A partir de 3 ans.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr © 26 Mars 2012 à Parthenay

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