Arnaud, un garçon modèle

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PORTRAIT. MALGRÉ SA SURDITÉ, ARNAUD DE CHAMPVIGY EST MANNEQUIN À L’INTERNATIONAL.

Chez ses grands-parents, à Marcigny.

Rencontre à Marcigny avec Arnaud de Champvigy, un mannequin né à Mâcon et dont une partie de la famille vit dans le Charolais. Loin des clichés, il évoque sa carrière et son handicap.

On s’en doute avant de le rencontrer – parce qu’on a parcouru son CV et vu une série de photos, Arnaud Quarre de Champvigy – son nom complet – est un beau garçon, très beau garçon. Alors au moment d’ouvrir la porte du domicile de ses grands-parents à Marcigny, dans le Charolais, où il passe quelques semaines, c’est sans surprise qu’on le découvre : 1,84 mètre, des yeux bleus, une coiffure impeccable (que l’on envie quand on vient tout juste d’ôter son bonnet en laine…), un look soigné. Un vrai mannequin, né à Mâcon en 1981, qui parcoure la planète, pose pour de grands photographes, défile pour de prestigieux stylistes et prête son visage à de célèbres marques. Hermès, Louis Vuitton, Christian Audigier, Pierre Cardin, Replay Jean’s ou Sergio Tacchini ont déjà fait appel à lui. Au compteur : 26 pays depuis le début de sa carrière et 47 vols pris les deux dernières années. Il est sous contrat à Paris, Milan, Barcelone, Vienne, São Paulo et Hong Kong, ceci explique cela.

Entre France et Suisse

Mais avec Arnaud de Champvigy, les clichés s’arrêtent là. Oui, il est constamment entre deux avions. Oui, il prend soin de lui et aime faire du sport (ski, football, karting, équitation,…). Pour le reste, son histoire singulière et son amabilité sincère le distingue. Il est né avec une surdité partielle, « un problème central ». Il entend parfaitement les bruits qui l’entourent, mais difficilement le son d’une voix. Il ne peut pas communiquer par téléphone et loue bien volontiers les bienfaits des nouvelles technologies, type sms, mail

Ce handicap ne l’a pas empêché de suivre une scolarité classique, entre la Saône-et-Loire son département d’origine, et la Suisse où vivent ses parents depuis plus de vingt ans – sa mère est suisse –. « J’ai découvert le monde des sourds tardivement. Quand je suis revenu en France pour suivre des études supérieures de comptabilité, j’ai rejoint un institut spécialisé où j’ai appris le langage des sourds et muets. Je suivais des cours tous les soirs, j’ai appris vite ». De retour en Suisse, où pendant deux ans il se heurtera à des refus d’embauches en raison de son handicap, avant de trouver un poste, il participe à Mister Suisse.

Parcours fulgurant

Le début d’un parcours aussi inattendu que fulgurant : première signature de contrats, une notoriété dans le pays, les médias qui s’intéressent à lui et un engagement pour une reconnaissance plus juste du statut des handicapés. Au sujet de la notoriété, il raconte une anecdote : « J’étais assis à mon bureau et je voyais des personnes qui attendaient le tram, le journal ouvert. Elles avaient dans les mains un journal suisse, j’étais en première page pour Mister Suisse. J’étais très étonné », raconte-t-il pour décrire à quel point tout est allé très vite. Aujourd’hui, en plus du mannequinat, il a des projets de cinéma, une envie de comédie. « On va essayer », lance-t-il. Avec Arnaud de Champvigy, rien ne semble impossible.

Sociable, affable, il dit ne pas avoir eu de problème pour s’intégrer dans le monde du mannequinat, même s’il avoue « ne pas avoir la mentalité de mannequin », loin de la fête et de ces excès. Il partage la vie de la 1 redauphine de Miss France 2007, Sophie Vouzelaud dont le parcours rappelle le sien. Elle est malentendante et met sa notoriété à profit pour faire avancer la cause des sourds.

Aujourd’hui, Arnaud repart pour Paris puis pour la Chine jusqu’au mois d’avril. Une vie de mannequin (presque) normale.

Source : http://www.lejsl.com © 8 Février 2012 à Saône et Loire

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