La main des sourds

Jumelles violées à Bois-Colombes : les voisins témoignent

Le drame s’est déroulé dimanche matin au 6e étage de cet immeuble de Bois-Colombes (Hauts-de-Seine).

Selon plusieurs personnes, les deux soeurs violentées dimanche dans les Hauts-de-Seine connaissaient leurs agresseurs. Contrairement aux premières informations, les jeunes filles sourdes et muettes ne les auraient pas rencontrés en discothèque.

Le Service départemental de la police judiciaire des Hauts-de-Seine (SDPJ92), chargé de l’enquête, comme lamairie de la commune de Bois-Colombes où s’est déroulé le drame, se refusent à tout commentaire. “Ces victimes ont été violentées à tel point que l’on peut parler d’acte de torture et debarbarie, indique-t-on au parquet de Nanterre. Pour l’instant, on ne communique pas, ce dossier est très sensible et l’affaire apparemment terrible“.
Au lendemain du viol et de l’agression de soeurs jumelles dans un appartement situé 2, rue Claude Mivière à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), seuls les habitants du quartier acceptent de parler sous couvert d’anonymat. Ils livrent lundi leur version des faits, très “étonnés” par les informations données par plusieurs sources proches du dossier la veille et qui ont été relayées par les médias.

“Va-et-vient de filles incessants”

Ainsi, selon plusieurs témoignages, l’appartement situé au 6e et dernier étage du 2, rue Claude Mivière à Bois-Colombes n’était pas du tout squatté,comme l’ont indiqué dimanche plusieurs sources. “Il était occupé depuis deux ou trois mois par des personnes d’origine roumaine qui a priori payaient comme tout le monde leur loyer au syndic situé dans le IIe arrondissement de Paris” indique Sylvie*. “Il y a un monsieur qui vivait là, ajoute Paul.  Tous les jours il ramenait des filles âgées au maximum de 25-30 ans. Et il était souvent accompagné d’un ou deux hommes. Les va-et-vient étaient incessants”.

Les soeurs déjà vues dans l’immeuble
Dimanche matin, à 9h30, Paul et d’autres habitants du quartier ont vu le propriétaire, soupçonné d’être l’un des deux agresseurs, regagner son domicile en compagnie des jumelles. “Je les ai déjà vues ces filles-là. Comme les autres, plutôt enjupe courte, et plutôt le soir. Quelques jours avant le viol elles étaient déjà dans l’appartement, affirme Paul. Elles ne vivaient pas là, c’est sûr… Comme elles sont sourdes muettes, nous n’avons pu communiquer avec elles, mais il y avait quelque chose louche“.

Dénudées sur le trottoir
Trois heures et demi après, peu après midi, les voisins ont entendu des bruits suspects. “On était chez nous, raconte Thérèse. On a entendu des bruits étranges, comme destravaux. En regardant dans le judas de la porte, nous avons vu les filles dévêtues être traînées dans les escaliers par deux hommes”. Quelques minutes plus tard, les deux jeunes femmes âgées de 29 ans sont laissées sur le trottoir, en petite culotte, avec des traces de sang sur le corps et le visage blessé. “Ce sont des jeunes qui ont parlé en premier aux filles et qui leur ont demandé où elles avaient été agressées, poursuit Paul.  Ils sont montés jusqu’à l’appartement et ont demandé à ce qu’on leur ouvre. Sans réponse, ils ont défoncé la porte, mais il n’y avait plus personne. En revanche, il y avait du sang partout, dans le logement, comme dans les escaliers”. A l’arrivée de la police et des secours, les agresseurs avaient déjà pris la fuite.

Un proxénète qui exploitait des filles? 
Choqués, les voisins affirment qu’ils garderont à vie les images de ces deux jeunes femmes brunes aux visages maigres,nues et blesséescriant, gémissant et pleurant sur le trottoir. Selon plusieurs témoins, le “monsieur” qui vivait dans l’appartement serait un proxénète qui “exploitait des filles”. “Tout le monde avait peur de lui, indique Thérèse. On ne sait pas s’il y avait des armes à son domicile, mais il y avait des choses bizarres qui s’y passaient. Entre les allées-et-venues des jeunes femmes, la musique, et le reste, nous n’étions pas rassurés”. “Le Roumain ne disait jamais ‘bonjour’, il était toujours accompagné d’un deuxième individu de sexe masculin et ensemble, ils ramenaient des filles, personne n’a cherché à en savoir plus. C’est sûr à 95%, c’était un un mac, qui exploitait ces filles… Malheureusement, il semble que ces deux femmes, tabassées et violées dimanche, étaient des victimes de ce proxénète et de ses complices. “. Lundi soir, l’appartement du  2, rue Claude Mivière était vide, et les agresseurs toujours en fuite. 

*Les prénoms ont été modifiés

Source : http://www.metrofrance.com © 30 Janvier 2012 à Bois-Colombes

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.